Renault plombé par les changes et les émergents au troisième trimestre

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Une Renault K-ZE, un modèle électrique conçu pour le marché chinois, présentée le 1er octobre 2018 au Mondial de l'automobile de Paris
Une Renault K-ZE, un modèle électrique conçu pour le marché chinois, présentée le 1er octobre 2018 au Mondial de l'automobile de Paris
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© AFP, ERIC PIERMONT

AFP, publié le mardi 23 octobre 2018 à 11h42

Le constructeur automobile français Renault a confirmé mardi ses objectifs financiers pour l'année 2018, malgré un chiffre d'affaires en baisse de 6% au troisième trimestre.

Le groupe, qui a notamment souffert sur certains marchés émergents comme la Turquie ou l'Argentine, a vu son chiffre d'affaires reculer à 11,48 milliards d'euros, bien en deçà du consensus d'analystes interrogés par Bloomberg (12,21 milliards).

En réaction, l'action Renault a perdu plus de 5% dans les premiers échanges à la Bourse de Paris, tombant à son niveau le plus bas depuis trois ans, avant d'un peu se reprendre: à 08H50 GMT, elle ne cédait plus que 1,6% à 64,16 euros.

Hors consolidation d'Avtovaz (Lada), le chiffre d'affaires du pôle automobile s'est replié de 8,4% à 10,06 milliards d'euros.

Renault explique sa baisse d'activité par des effets de change négatifs sur ses principales devises (le peso argentin, le réal brésilien, la livre turque et la rouble russe).

"Il y a un gros impact négatif des monnaies" compensé partiellement par l'augmentation des prix, souligne Gaëtan Toulemonde, expert automobile chez Deutsche Bank, qui relativise: les avertissements sur résultats se succèdent dans le secteur, "alors que Renault confirme sa prévision sur l'ensemble de l'année, c'est plutôt pas mal dans le contexte actuel".

Le groupe au losange a en effet maintenu ses objectifs financiers pour l'ensemble de l'année, dont une marge opérationnelle pour l'ensemble du groupe supérieure à 6%.

- Chute des marchés turc et argentin -

Renault invoque également la chute des marchés turc et argentin, et une baisse de ses ventes partenaires liées à l'arrêt de ses activités en Iran. Sur l'ensemble de la région Afrique Moyen-Orient Inde, les immatriculations reculent de 24,4%, contre une croissance de 2,9% au niveau mondial.

L'entreprise dirigée par Carlos Ghosn, dont le plan stratégique à horizon 2022 mise sur une croissance à l'international, a révisé ses perspectives sur le marché chinois à 2% de croissance en 2018, contre 5% précédemment. 

De leur côté, le Brésil devrait connaître une hausse de 10% et la Russie de plus de 10%, a encore indiqué le groupe dans un communiqué.

"Nous sommes face à une situation mitigée" où certains marchés récupèrent mieux que prévu, comme la Russie et le Brésil, a expliqué Clotilde Delbos, directrice financière du groupe Renault lors d'une conférence avec des analystes. 

D'autres marchés en revanche comme l'Iran, la Turquie et l'Argentine (11% du volume total du groupe), qui sont les plus durement touchés sur le troisième trimestre, auront un impact négatif sur les résultats annuels, a ajouté la directrice financière.

- "Pas très confiants sur la Chine" -

"Nous ne sommes pas très confiants sur la Chine" a encore dit Mme Delbos, ajoutant que la situation dans le pays est "inquiétante" pour de gros acteurs sur le marché, "ce qui n'est pas notre cas". Renault a vendu seulement environ 70.000 véhicules en Chine en 2017 (contre 3,76 millions de véhicules à l'échelle mondiale, NDLR), un chiffre qui sera moindre cette année, selon Mme Delbos. 

Carlos Ghosn avait pourtant prédit en février dernier, lors de la présentation des résultats annuels de Renault, "un fort potentiel de croissance en Chine", qui servirait, avec les marchés russe et brésilien, de levier à la marge opérationnelle du groupe d'ici à 2022.

La directrice financière du groupe ne s'est pas prononcée mardi sur de potentiels ajustements des objectifs financiers à horizon 2022, même si "l'Iran est un sujet" à prendre en considération.

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