Répartition des fonctionnaires : les territoires ruraux ne sont pas les plus défavorisés

Répartition des fonctionnaires : les territoires ruraux ne sont pas les plus défavorisés
hopital fonctionnaire

Boursier.com, publié le jeudi 14 novembre 2019 à 15h51

Selon une étude, des disparités importantes existent sur le territoire concernant les emplois publics. Pour les effectifs hospitaliers, les taux d'administration les plus élevés se trouvent d'abord dans des départements ruraux.

La France rurale est-elle vraiment désertée par les fonctionnaires ? Non, à en croire une étude de Fipeco sur la répartition des emplois publics sur le territoire, menée par François Écalle et dévoilée par 'Le Figaro'. En prenant en compte la fonction publique hospitalière notamment, l'expert en finances publiques a en effet constaté un écart entre territoire urbain et rural assez surprenant.

"Les départements ruraux ne sont pas systématiquement défavorisés, ils apparaissent notamment mieux pourvus en emplois publics hospitaliersque ceux de la région parisienne", affirme François Écalle, qui s'appuie sur les taux d'administration (c'est-à-dire, les rapports entre le nombre de fonctionnaires et le nombre d'habitants).

L'étude montre en effet que les taux les plus élevés se trouvent plutôt dans des départements ruraux (hors Paris). Ainsi, alors que la Haute-Vienne (374.978 habitants en 2016) affiche un taux de 29,1 agents publics hospitaliers pour 1.000 habitants, la Seine-et-Marne a obtenu de son côté le plus faible taux, avec 9,4 agents pour 1.000 habitants. Le taux est de 9,6 en Essonne, 10,1 en Seine-Saint-Denis et 10,2 dans les Yvelines.

"La lenteur de l'adaptation"

Plusieurs raisons peuvent expliquer ces résultats. Selon le rapport, certains départements urbains ont des grands hôpitaux "avec une forte productivité et relativement peu d'emplois et qui sont parfois saturés". A l'inverse, des départements ruraux ont des petits hôpitaux "avec une faible productivité et des effectifs relativement nombreux".

Le président de Fipeco, qui se base sur une étude de France Stratégie, pointe également "la lenteur de l'adaptation des capacités hospitalières aux évolutions démographiques". Les zones qui ont connu une baisse de 10% de la population entre 1990 et 2015 bénéficient d'un taux d'agents publics hospitaliers plus élevé de 5%.

Une répartition qui "ne correspond pas aux besoins"

Concernant les emplois locaux de l'État et ceux de l'Éducation nationale, la répartition est plutôt "homogène, qu'on les rapporte au nombre total d'habitants ou au nombre d'habitants de moins de 16 ans".

Or, de manière globale, les services publics apparaissent très inégalement répartis. Le nombre d'agents pour l'ensemble des fonctions publique varie en effet de 46,5 pour 1.000 habitants dans l'Ain à 92,1 pour 1.000 en Haute-Vienne.

Selon l'expert en finances publiques, cette répartition "ne correspond pas aux besoins et le principe d'égalité devant le service public n'est pas respecté". Il ajoute toutefois que ces écarts peuvent s'expliquer par "l'implantation de services publics non locaux, qui relèvent surtout de l'Etat".

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