Retour aux Baléares, un "privilège" pour les touristes allemands

Retour aux Baléares, un "privilège" pour les touristes allemands

AFP, publié le lundi 15 juin 2020 à 22h00

Le masque de Daniel Wiener ne cache pas sa joie de faire partie des premiers touristes autorisés à débarquer lundi sous le soleil des Baléares, une semaine avant la réouverture des frontières espagnoles.

"Nous savons que c'est un privilège pour nous d'être ici", confie cet homme de 46 ans, une bière à la main au bord de la piscine de son hôtel à Palma, la capitale de Majorque.

Cette île, la principale de l'archipel méditerranéen, est un lieu de villégiature particulièrement prisé des Allemands, au point qu'ils la surnomment "le 17ème Land" de leur pays. L'an dernier, quelque 4,5 millions d'Allemands y sont venus profiter des plages idylliques et des nuits festives.

Empêchés de profiter de leur résidence secondaire aux Baléares en raison du confinement et de la fermeture des frontières, de nombreux Allemands sont allés jusqu'à protester auprès des autorités espagnoles depuis avril.

A deux pas de l'hôtel RIU Concordia, où les employés masqués attendaient lundi matin ces premiers touristes comme le messie, le front de mer est jalonné de restaurants proposant de la "Deutsche Küche" (cuisine allemande) et dont les serveurs parlent allemand. Les consignes de baignade sont également écrites en allemand.

Comme Daniel Wiener, 180 Allemands ont décollé à l'aube à Düsseldorf pour atterrir un peu avant 11H00 (09H00 GMT) à Palma dans le cadre d'un projet pilote de reprise du tourisme scellé entre les autorités régionales des Baléares et des tour-opérateurs. 

"Nous sommes très, très heureux d'être ici. Nous adorons Majorque, nous venons plusieurs fois par an", raconte à son arrivée George Kasbach, venu des environs de Cologne et qui possède un appartement sur l'île.

"Nous avons regardé le nombre de personnes malades (du Covid) à Majorque et il y en a très peu actuellement", ajoute-t-il , assurant se sentir en "sécurité".

"Je n'ai pas peur", affirme de son côté Michael Driesch, 56 ans, car "les Baléares ne sont pas un foyer de contagion : c'est plus dangereux de conduire de Hambourg à Munich", sourit cet habitué de l'île, qu'il qualifie de "paradis". 

- Test pour le tourisme -

Au total, près de 11.000 Allemands pourront venir aux Baléares dans le cadre de ce projet pilote, dont 1.500 avant l'ouverture des frontières espagnoles le 21 juin, date correspondant à la fin du déconfinement dans le pays, l'un des plus touchés par la pandémie avec plus de 27.000 morts.

Soumis à un strict protocole sanitaire, ils doivent se soumettre à un contrôle de température à leur arrivée et feront l'objet d'un suivi téléphonique de la part des autorités pour vérifier l'éventuelle apparition de symptômes du Covid-19.

"Il me semble que c'est un essai magnifique afin de tester" les protocoles à mettre en place dans les lieux touristiques une fois les frontières ouvertes, a déclaré lundi le ministre espagnol de la Santé Salvador Illa.

Deuxième destination touristique mondiale derrière la France, l'Espagne, où le masque va rester obligatoire pendant de longs mois, espère convaincre les touristes étrangers en jouant la carte de la sécurité sanitaire. 

Aux Baléares, où le tourisme pèse pour 35% du PIB contre 12% en Espagne, le retour des touristes allemands, qui représentent 27% des vacanciers, est synonyme de redémarrage. 

"L'espérance est très forte ici car Palma dépend beaucoup du tourisme et surtout des Allemands", confie Christian Laforcade, 48 ans, gérant du restaurant Zur Krone où tous les menus sont en... allemand.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.