Retraite à 62 ans : fin de la polémique ?

Retraite à 62 ans : fin de la polémique ?
retraite seniors

Boursier.com, publié le mercredi 03 avril 2019 à 16h51

Le chef de file des députés LREM promet que l'âge légal de la retraite à 62 ans ne bougerait pas, pour tenter de mettre un point final à ce dossier qui a fait bondir les parlementaires.

Fin de la polémique ? Le délégué général et le chef de file des députés La République en marche (LaRem) ont promis mercredi que l'âge légal de la retraite à 62 ans ne bougerait pas, une nouvelle tentative pour clore un cafouillage qui a amené le Haut-commissaire à la réforme des retraites à mettre sa démission dans la balance, selon le 'Canard Enchaîné'.

Pour Stanislas Guerini, le gouvernement doit tenir la promesse de campagne d'Emmanuel Macron de ne pas toucher à l'âge légal, c'est-à-dire "l'engagement que nous avons fait devant les Français de faire une réforme systémique et pas une réforme paramétrique". "Ma position c'est de mener cette réforme à périmètre constant, et de ne pas toucher à l'âge de la retraite", a-t-il déclaré devant l'Association des journalistes parlementaires (AJP). Interrogé par Europe 1, Gilles Le Gendre a déclaré pour sa part partager "l'exaspération du président de la République", Emmanuel Macron, après les "ballons d'essai" lancés par des ministres sur ce sujet.

Petites phrases

C'est Agnès Buzyn, la minsitre de la Santé, qui avait lancé le débat le 17 mars, évoquant à titre personnel, la possibilité de reporter l'âge de départ à la retraite. Trois jours plus tard, le Premier ministre, Edouard Philippe, assurait qu'il n'était pas question de modifier cet âge légal dans le cadre de la réforme en discussion avec les syndicats. Mais il a contribué à la confusion en ajoutant qu'il n'était pas illégitime de se poser la question de l'allongement de la durée du travail.

"Je l'ai dit très amicalement au Premier ministre : ce n'était pas absolument indispensable d'ouvrir ce débat-là", a déclaré Gilles Le Gendre. Selon la dernière édition du Canard enchaîné, le Haut-commissaire s'est dit prêt à démissionner si l'exécutif décalait cette borne d'âge dans le cadre de la réforme en discussion. Jean-Paul Delevoye est "prêt à prendre ses dispositions" si les termes de la réforme changent, confirme-t-on à demi-mot à Reuters dans son entourage. Il attendait des clarifications de la part du gouvernement, ajoute-t-on.

"Pas dans un psychodrame"

Gilles Le Gendre doute pour sa part qu'il soit homme à poser ce type d'ultimatum. "Je connais très bien Jean-Paul Delevoye, il n'est pas du genre à faire 'retenez-moi ou je fais un malheur'. Donc on n'est pas du tout dans un psychodrame", a déclaré le député.

En tout état de cause, "l'âge pivot de 62 ans ne bougera pas (...) Le gouvernement a lui aussi été très clair là-dessus", a assuré le président du groupe LaRem. Quant à la polémique ouverte par les propos d'Agnès Buzyn, "considérons-là comme refermée", a-t-il dit. Les syndicats, qui s'opposent fermement à un report de l'âge légal, ont tous fait part de leurs inquiétudes sur le sujet.

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