Retraite au Portugal : vers la fin d'un eldorado fiscal

Retraite au Portugal : vers la fin d'un eldorado fiscal
Portugal Lisbonne drapeau

Boursier.com, publié le mardi 28 janvier 2020 à 17h31

Le Parti socialiste portugais au pouvoir a proposé un amendement dans lequel il souhaite désormais taxer à hauteur de 10% les retraités européens résidant au Portugal.

La retraite dorée au Portugal, c'est bientôt la fin ! Alors que de nombreux retraités Français ont choisi de s'installer dans le pays pour profiter notamment de l'exonération fiscale de l'impôt sur le revenu (RNH), le nouveau gouvernement d'António Costa envisage de changer la donne pour les étrangers ayant le statut de résident non habituel.

Le Parti socialiste portugais au pouvoir - bien que minoritaire depuis les élections législatives d'octobre dernier - a, en effet, proposé un amendement à la loi de finances 2020, dans lequel il souhaite désormais taxer à hauteur de 10% les retraités européens résidant au Portugal.

L'amendement n'a pas encore été voté, mais il faut savoir que le Parti socialiste dispose d'une majorité relative de 108 députés dans l'assemblée de 230 sièges. A noter également que cette mesure ne devrait s'appliquer qu'aux nouveaux habitants.

Près de 30.000 bénéficiaires du RNH

Devenu la destination préférée des retraités depuis plusieurs années, le Portugal est parvenu à attirer des milliers de Français et Européens. Selon les chiffres relayés par la presse portugaise, on dénombrerait près de 30.000 résidents à bénéficier du RNH, dont un tiers de Français. Mais il y aurait, au total, 50.000 Français expatriés dans le pays.

Pour rappel, le gouvernement portugais, en plein crise financière, avait créé en 2009 le régime fiscal du résident non habituel concernant l'impôt sur le revenu dans la perspective d'attirer des retraités étrangers à pouvoir d'achat élevé.

Le gouvernement a ainsi convenu d'une exonération totale sur les pensions des nouveaux-venus pendant 10 ans, à condition de séjourner au Portugal un minimum de 180 jours par an et de ne pas avoir été imposé en tant que résident fiscal au Portugal dans les cinq années précédant la demande de statut.

Manque à gagner pour plusieurs pays voisins

Après 10 ans, est alors soumis le régime progressif d'imposition, qui prévoit un taux d'imposition maximal de 56,5% pour les revenus supérieurs à 250.000 euros par an. Les retraités de la fonction publique sont toutefois exclus du dispositif.

Par ailleurs, cet avantage fiscal avait suscité de nombreuses critiques de la part des pays voisins du Portugal. Comme le rappelle 'Les Echos', la Finlande et la Suède, qui s'étaient plaintes d'un manque à gagner fiscal, se sont retirées des accords fiscaux avec le Portugal afin de ne pas perdre les revenus fiscaux de leurs citoyens. En France, le Conseil d'Etat avait contesté, en 2015, ce statut de "double exonération".

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