Retraites : Edouard Philippe dévoile ses cartes

Retraites : Edouard Philippe dévoile ses cartes
11 décembre 2019

Boursier.com, publié le mercredi 11 décembre 2019 à 15h05

Le nouveau système de retraites universel par points et par répartition entrera en vigueur en France au 1er janvier 2022 à partir de la génération 2004.

C'était un rendez-vous très attendu, au septième jour de mobilisation en France contre la réforme des retraites, qui paralyse notamment une bonne partie des transports, surtout en Île-de-France. Le Premier ministre Edouard Philippe a présenté mercredi midi, pendant près d'une heure, l'intégralité du texte devant le Cese (Conseil économique, social et environnemental).

"Je ne veux pas rentrer dans un rapport de force, je ne veux pas de cette rhétorique guerrière", a expliqué le ministre, alors que l'intersyndicale réunissant FO, la CGT, FSU-Solidaires et quatre organisations de jeunesse maintient la pression. Elle a appelé mardi soir à des actions locales le jeudi 12 décembre, ainsi qu'à une manifestation nationale le mardi 17 décembre à Paris.

Fin des 42 régimes

La fin des 42 régimes existants est actée, notamment celle des régimes spéciaux (SNCF, EDF, RATP...) dont la transition vers le régime unique "respectera les projets de vie de chacun, (...) respectera le contrat social qui lie une personne à une organisation (...) et respectera les équilibres économiques des professions", a assuré le chef du gouvernement.

Les points, indexés sur les salaires, remplaceront les trimestres pour le calcul des pensions. Une fois à la retraite, les points seront convertis en euros.

"La loi prévoira une règle d'or pour que la valeur des points acquis ne puisse pas baisser et avec une indexation non pas sur les prix mais sur les salaires, qui progressent plus vite que l'inflation en France", a précisé Edouard Philippe.

A partir du 1er janvier 2022

Le nouveau système de retraites universel par points et par répartition entrera en vigueur en France au 1er janvier 2022 à partir de la génération 2004. Il ne s'appliquera pas aux personnes nées avant 1975, a indiqué Edouard Philippe, confirmant les rumeurs des dernières heures dans la presse. "Nous avons choisi de ne rien changer pour celles qui sont aujourd'hui à moins de dix-sept ans de la retraite, c'est-à-dire les personnes nées avant 1975, qui auront plus de 50 ans en 2025", a-t-il annoncé.

L'âge légal de départ reste fixé à 62 ans. Les actifs pourront continuer de partir en retraite à cet âge, voire à partir de 60 ans dans les cas de carrières longues, ou de pénibilité. Edouard Philippe a également promis une retraite minimum garantie à 1.000 euros et "85% du SMIC dans la durée".

Un "âge d'équilibre"

Il propose des mesures sur la pénibilité, les droits familiaux, un minimum de pension de 1.000 euros nets par mois, des dérogations d'âge pour les professions à risque (policiers, pompiers, militaires) ou encore des niveaux de retraites "sanctuarisés" par la loi pour les enseignants, mais la colère des syndicats s'est cristallisée sur les angles budgétaires.

Concernant le calendrier, "le projet de loi sera prêt à la fin de l'année, nous le soumettrons au conseil des ministres le 22 janvier, et il sera discuté au Parlement à la fin du mois de février", a précisé Edouard Philippe.

La ligne rouge est franchie

Mauvaise nouvelle pour le gouvernement, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a estimé à l'issue de la présentation du texte que le gouvernement avait franchi "la ligne rouge" paramétrique dans son projet de réforme des retraites, avec l'introduction d'un "âge pivot".

"Cette ligne rouge est franchie, elle est clairement franchie (...). Finalement, on sait qu'il y aura un âge d'équilibre à 64 ans fixé d'ores et déjà par cette réforme", a dit le dirigeant réformiste à l'issue du discours, privant l'exécutif d'un appui décisif.

Pour la CGT, le gouvernement "se moque du monde". "Tout est réuni pour que la grève s'amplifie et que l'ensemble des salariés se mobilise dès demain", a estimé Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT.

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