Retraites : Edouard Philippe fait un geste d'ouverture, face à la mobilisation

Retraites : Edouard Philippe fait un geste d'ouverture, face à la mobilisation
septembre 2013 retraite/retraites

Boursier.com, publié le vendredi 06 décembre 2019 à 18h00

L'intégralité du texte de la réforme des retraites sera présenté mercredi.

Le gouvernement change ses plans concernant les retraites, au lendemain d'une forte journée de mobilisation en France. Edouard Philippe a annoncé vendredi qu'il présenterait le 11 décembre "l'intégralité" du projet gouvernemental de réforme. Le texte doit être présenté à midi au Conseil économique, social et environnemental (CESE), "chambre du dialogue social et des corps intermédiaires".

Le Premier ministre a aussi fait un geste d'ouverture vendredi à l'égard des personnels de la RATP et de la SNCF, dont une grève massive perturbe les transports, en leur promettant de ne pas changer les règles "en cours de partie".

Pas de "logique de confrontation"

"J'entends bien entendu tous ceux qui exercent leur droit parfaitement légitime de faire grève et de manifester, mais j'entends aussi ceux qui souffrent d'une certaine façon, en tout cas qui subissent les désagréments liés à l'exercice de ce droit", a-t-il souligné, alors qu'une intersyndicale a appelé à une nouvelle journée de manifestations et de grèves mardi.

Pour autant, Edouard Philippe a assuré ne pas se placer dans "une logique de confrontation" et que tout en restant "ferme" sur l'objectif, le gouvernement s'engagerait dans un débat sans brutalité avec les organisations syndicales et patronales. "Le débat pourra ainsi s'organiser autour de propositions claires qui prendront en compte bien des propositions formulées par les organisations syndicales", a-t-il déclaré.

Le chef du gouvernement s'est dit prêt au compromis "pour faire en sorte que les transitions soient progressives" vers le régime unique, particulièrement pour les régimes spéciaux. "Aux salariés des entreprises publiques de transport, qui se sont fortement mobilisés hier et qui restent mobilisés aujourd'hui, je le dis tranquillement, la mise en place d'un système universel de retraite implique la disparition des régimes spéciaux", a-t-il déclaré.

Entretiens avec les patrons de la SNCF et de la RATP

"Mais si je dis cela, je dis également à tous les personnels de la RATP et de la SNCF (...) qu'il ne serait pas raisonnable, pas acceptable, pas juste, de changer les règles en cours de partie", a-t-il ajouté. "Des femmes et des hommes, a-t-il observé, de bonne foi, parce que c'est leur droit, ont fait des choix de vie, des choix d'investissements, des choix d'organisation familiale sur le fondement d'un régime auquel ils pouvaient légitimement aspirer."

Le Premier ministre devait s'entretenir du sujet vendredi après-midi avec le président de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, et la présidente de la RATP, Catherine Guillouard.

La SNCF a annoncé vendredi soir que le trafic serait encore très perturbé tout le weekend et également lundi. Du côté de la RATP, deux lignes (1 et 14) rouleront normalement (avec une fin de services aux alentours de minuits 30) et les autres métros resteront très touchés, la plupart ne roulant qu'entre 13h et 18h.

Ouverture vers les enseignants

Ce dernier a également tenté une ouverture envers les enseignants, très mobilisés jeudi, en réaffirmant que leurs traitements seraient revalorisés afin qu'ils ne soient pas les perdants de la réforme.

"Il est vrai, il est exact, que l'application absurde des nouvelles règles les pénaliserait", a-t-il expliqué.

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