Retraites : Jean-Paul Delevoye ne veut pas de la "clause du grand-père"

Retraites : Jean-Paul Delevoye ne veut pas de la "clause du grand-père"©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 07 novembre 2019 à 15h40

Ce dispositif sacraliserait les contrats signés sous le régime actuel - un scénario d'apaisement avancé au sein de la majorité pour éviter un embrasement social.

Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, exclut de réserver le futur régime universel de retraites aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail. Cette "clause du grand-père" est un dispositif qui sacraliserait les contrats signés sous le régime actuel - un scénario d'apaisement avancé au sein de la majorité pour éviter un nouvel embrasement social en France.

La CGT, Force ouvrière, la FSU et Solidaires appellent à une journée de grève interprofessionnelle le 5 décembre contre le projet de réforme des retraites - la fusion des 42 régimes existants en un système universel par points en 2025 -, alors que plusieurs syndicats de la RATP, de la SNCF et des transporteurs routiers annoncent "une grève illimitée" à partir de ce jour là.

Lors d'une "assemblée des assemblées" le 3 novembre, des représentants des "Gilets jaunes" se sont quant à eux prononcés pour une convergence des luttes le 5 décembre... Autant d'appels qui laissent planer la menace d'une mobilisation de l'ampleur des grèves de 1995 contre le "plan Juppé" sur les retraites et la Sécurité sociale.

"C'est impossible !"

Face à cette mobilisation, Emmanuel Macron a laissé entendre le 28 octobre sur RTL que des aménagements au projet de réforme des retraites étaient encore possibles. Il a notamment paru ouvrir la voie à la "clause du grand-père", option figurant dans le rapport remis en juillet dernier par Jean-Paul Delevoye.

Le projet de réforme en l'état prévoit que le nouveau système, qui supprime les régimes spéciaux (chez EDF, à la RATP ou la SNCF...), entre en vigueur à partir de la génération née en 1963, âgée de 62 ans en 2025.

"J'ai toujours dit que si on appliquait de façon généralisée la 'clause du grand-père', cela reviendrait à créer un 43e régime. C'est impossible ! ", souligne Jean-Paul Delevoye dans un entretien accordé jeudi au 'Parisien'. "Si on fait la 'clause du grand-père' pour une profession, il faut le faire pour tout le monde, question d'équité, ça veut dire que l'on renonce à la réforme", ajoute-t-il.

"Maîtriser ses nerfs"

Interrogé sur les ouvertures d'Emmanuel Macron et d'une partie de l'exécutif à ce sujet, le haut-commissaire invoque "la qualité première" à ses yeux d'un dirigeant moderne : "Maîtriser ses nerfs".

"S'il y a des assouplissements nécessaires de quelques mois, cela ne pose aucune difficulté, mais un projet aussi ambitieux ne souffre aucune interrogation de contingences électorales ou de timing lié aux municipales ou à la fin du quinquennat", prévient l'ancien ministre de Jacques Chirac.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a fixé à juin 2020 le vote de la loi portant réforme des retraites. Mercredi soir, sur BFM TV, il s'est dit "déterminé à prendre son temps" pour mettre en oeuvre la réforme, écartant toute "urgence".

"Moi, je ne transigerai pas sur l'objectif", insiste Jean-Paul Delevoye dans 'Le Parisien'. "Si la grève du 5 décembre est une grève catégorielle, si elle vise à s'opposer au régime universel, je ne l'entends pas." "C'est ma position. Après, c'est au Premier ministre d'arbitrer", selon lui.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.