Retraites : la réforme est "absolument indispensable" pour Bruno Le Maire

Retraites : la réforme est "absolument indispensable" pour Bruno Le Maire©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 13 juillet 2020 à 11h00

"On voit bien d'abord qu'il y a un déficit, on voit bien que nous vivons tous plus longtemps, on voit bien que collectivement il faut que nous travaillions davantage et que c'est une condition de redressement de la France", a estimé le ministre.

"Pas la priorité" pour les syndicats, "absolument indispensable" pour Bruno Le Maire... Alors que le Premier ministre Jean Castex est missionné pour venir à bout du dossier des retraites, le ministre de l'Economie a réaffirmé ce lundi la détermination du gouvernement d'aller "au bout de cette réforme", alors que les partenaires sociaux refusent toujours qu'elle soit remise sur la table cet été.

"On voit bien d'abord qu'il y a un déficit, on voit bien que nous vivons tous plus longtemps, on voit bien que collectivement il faut que nous travaillions davantage et que c'est une condition de redressement de la France", a estimé le ministre au micro de 'RTL'.

Suspendue en mars, la réforme des retraites avait été relancée par Emmanuel Macron. "Cette réforme ne peut pas être reprise de manière inchangée à la sortie de crise, mais la question du nombre d'années pendant lesquelles nous cotisons demeure posé", indiquait le président de la République dans son interview à la presse régionale début juillet.

"Une méthode de dialogue, d'écoute"

Alors que Jean Castex souhaite d'abord traiter le sujet du déficit du système actuel, Bruno Le Maire a défendu "la méthode du Premier ministre", qui est, selon lui, "une méthode de dialogue, d'écoute". "Il est question de s'écouter et de trouver des solutions pour financer notre régime des retraites", a-t-il insisté. Devant le Sénat mercredi dernier, Jean Castex affirmait que "refuser de parler des retraites lorsque l'équilibre des comptes, et donc la sauvegarde du système actuel se trouve compromise, serait irresponsable".

La semaine dernière, la ministre du Travail Elisabeth Borne était plutôt allée dans le sens des syndicats, qui ont tous fait savoir à Jean Castex, à l'issue d'une rencontre à Matignon, que le dossier des retraites, n'était pas la priorité. Elle avait toutefois estimé que la situation financière du système des retraites devait être évoquée.

Syndicats et patronat unis

En novembre dernier, la prévision de déficit du système de retraite pour cette année était de 4,2 milliards d'euros. Mais le Conseil d'orientation des retraites (COR) avait indiqué mi-juin que cette estimation allait se dégrader fortement, atteignant les 29,4 milliards d'euros en 2020 en raison de la pandémie de coronavirus.

La CFDT, favorable au principe de la retraite par points, et la CFTC estiment que la priorité doit être l'emploi. Même constat du côté des syndicats hostiles à l'ensemble de la réforme des retraites : le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, qui appelle à un mouvement social à la rentrée, juge le sujet "explosif" et Yves Veyrier (FO) a rappelé son hostilité à toute discussion sur une mesure d'âge ou de rallongement de la durée de cotisation. Même au Medef, pourtant favorable à un rallongement de la durée de cotisation, les appels se multiplient pour mettre le dossier en pause...

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