Revenu de base : bilan mitigé pour le projet-pilote de la Finlande

Revenu de base : bilan mitigé pour le projet-pilote de la Finlande
demandeurs d'emploi Etats Unis - thème chômage

Boursier.com, publié le vendredi 08 février 2019 à 21h34

Depuis 2017, la Finlande teste un "revenu de base" sur un groupe de chômeurs en fin de droits. A l'heure du bilan, les autorités ont constaté que la mesure n'avait pas aidé ces chômeurs à retrouver du travail, mais avait amélioré leur état de santé.

Annoncée en 2015, puis lancée en 2017 sous forme de projet-pilote, l'expérience finlandaise de revenu universel était suivie à travers le monde, où ce type de soutien social intéresse de nombreux économistes ainsi que des gouvernements.

La Finlande avait évoqué ce projet pour la première fois en 2015, et envisageait au départ d'en faire bénéficier tous les habitants du pays, soit plus de 5 millions de personnes. Finalement, le projet-pilote a porté sur un échantillon bien plus réduit, d'environ 2.000 chômeurs en fin de droits, qui ont été tirés au sort pour participer à l'étude.

Pas d'effet notable sur le retour à l'emploi

Ils ont perçu en 2017 et 2018 un revenu forfaitaire mensuel de 560 euros, sans conditions préalables, en remplacement de leur indemnité chômage. A ce revenu s'ajoutaient d'éventuelles allocations familiales, ainsi que le revenu du travail, salarié ou indépendant, en cas de retour à l'emploi.

Cependant, le bilan publié vendredi par l'Institut du travail finlandais pour la recherche économique, a montré que "les bénéficiaires du revenu de base se sont révélés ni meilleurs ni moins bons que le groupe de contrôle à trouver un emploi".

Une amélioration de la santé physique et mentale des bénéficiaires

Les autorité pensaient que le revenu de base permettrait d'accélérer le retour à l'emploi, le revenu de base étant cumulable avec un salaire. Actuellement, si un chômeur retrouve un emploi, même de court terme et/ou à temps partiel, ses allocations chômage sont réduites au prorata de son activité, ce qui le décourage parfois de prendre un emploi.

Si le bilan sur l'emploi s'est finalement avéré neutre, la Sécurité sociale finlandaise (Kela) a en revanche constaté une amélioration de la santé physique et mentale des bénéficiaire du revenu de base. Ils "présentaient moins de symptômes de stress, moins de difficultés de concentration et moins de problèmes de santé" que le groupe de référence, a relevé Kela. "Ils exprimaient également davantage de confiance dans leur avenir", a précisé Kela. La sécurité sociale n'a pas communiqué le montant des économies en matière dépenses de santé qu'a permis la création du revenu de base.

La Finlande va réformer son modèle social

A la lecture de ce bilan, le ministre finlandais des Affaires sociales, Pirkko Mattila, a indiqué vendredi que la Finlande n'avait pas l'intention d'introduire un revenu de base universel pour tous les habitants. Il a cependant précisé que les conclusions de cette étude serviraient à "réformer notre modèle d'assurance sociale, prochaine réforme majeure".

Le futur revenu de base finlandais devrait donc ressembler moins à un véritable "revenu universel" qu'à une allocation de type RSA d'activité en France, qui a été fusionné en 2016 avec la prime pour l'emploi, pour devenir la "prime d'activité". Cette dernière vient d'être augmentée en réponse au mouvement des "Gilets jaunes" en faveur du pouvoir d'achat.

Le revenu de base en débat en France

En France, le sujet du revenu universel avait agité la campagne présidentielle de 2017. Benoît Hamon, alors candidat du PS, en avait proposé une version très large et coûteuse. Plus récemment, des personnalités aussi diverses que Bernard Tapie se sont exprimées à son sujet, l'homme d'affaires et ancien ministre évoquant des "contreparties" sous forme d'heures de travail d'intérêt général.

De son coté, la Finlande est sortie en 2016 de 4 année de marasme économique qui ont fait exploser son taux de chômage jusqu'à un pic de 9,5% en 2015.

Celui-ci a cependant reculé ensuite de façon régulière, revenant en décembre 2018 sous la barre des 7% , à 6,6% (-1,8 point sur un an), à quelques mois des élections législatives d'avril.

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