Risques professionnels: la sécurité des CDD, intérimaires et sous-traitants négligée

Risques professionnels: la sécurité des CDD, intérimaires et sous-traitants négligée
La sécurité des travailleurs intérimaires, CDD et sous-traitants est négligée par rapport aux salariés embauchés en interne, par manque de "maturité" des politiques de prévention de certaines entreprises

AFP, publié le jeudi 24 mai 2018 à 08h44

La sécurité des travailleurs intérimaires, CDD et sous-traitants est négligée par rapport aux salariés embauchés en interne, par manque de "maturité" des politiques de prévention de certaines entreprises, notamment petites, selon un baromètre présenté jeudi.

Seuls 71% des entreprises forment "systématiquement" ces personnels précaires aux règles de sécurité de l'entreprise, soit cinq points de moins par rapport à l'édition 2017 de cette étude sur la santé et la sécurité au travail, réalisée par Previsoft, cabinet de conseil en prévention des risques professionnels. 

De plus, près de 28% des entreprises - qui sont responsables de la santé et de la sécurité des salariés - ne font "jamais" ou "rarement" d'analyse de risques en cas d'intervention de sous-traitants, et près de 13% d'entre elles ne fournissent pas aux CDD et intérimaires les mêmes équipements de protection individuelle (EPI) qu'à leurs salariés. 

Un intérimaire "va arriver avec ses chaussures de sécurité à 20 euros et ses gants de manutention", alors que le travail demandé réclame "des chaussures de sécurité antidérapantes et des gants anticoupures", décrit Auriande Labed, consultante chez Previsoft.

En tant qu'entreprise, "vous n'allez pas spontanément lui remettre" le matériel adapté parce que "vous n'y pensez pas" ou que "vous estimez que c'est à la charge de l'entreprise intérimaire", analyse-t-elle. Une erreur car, "pour toute entreprise qui intervient pour votre compte, vous êtes responsable", précise Auriande Labed, pour qui ce constat dénote un manque de "maturité" des politiques de prévention, observable notamment dans les petites entreprises.

En revanche, l'étude met en évidence une nette progression du nombre d'entreprises ayant réalisé un diagnostic des risques psychosociaux (RPS), soit les risques pour la santé mentale, physique et sociale engendrés par les conditions de travail et susceptibles de générer des situations de stress allant jusqu'au burn out ou au suicide. Obligation légale depuis 2015, les entreprises sont désormais 63% à les déclarer, contre 48% l'année passée.

Par ailleurs, 43% des sondés estiment que le Comité social et économique (CSE), mis en place par les ordonnances Macron et qui doit se substituer notamment au Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), aura une répercussion positive sur la politique de prévention des risques professionnels.

Un chiffre à relativiser, avertit Mme Labed, sachant que "80% de répondants" sont des responsables ressources humaines. Il tombe à 29% d'avis positifs chez les responsables sécurité.

Cette étude a été réalisée d'avril à mai 2018 auprès de 300 entreprises de plus de 50 salariés en France métropolitaine.

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