Rolls-Royce vend son activité marine civile pour se concentrer sur l'aéronautique

Rolls-Royce vend son activité marine civile pour se concentrer sur l'aéronautique
Le motoriste britannique Rolls-Royce veut se concentrer sur ses points forts, notamment l'aéronautique

AFP, publié le vendredi 06 juillet 2018 à 10h01

Le motoriste britannique Rolls-Royce a annoncé la vente de son activité de marine civile au groupe d'ingénierie norvégien Kongsberg pour se concentrer sur ses points forts, notamment l'aéronautique mais aussi la défense et la production d'énergie. 

Les conseils d'administration des deux groupes se sont entendus sur un prix de vente de 500 millions de livres (565 millions d'euros), même si Rolls-Royce ne devrait en tirer que de 350 à 400 millions de livres de recettes nettes, a expliqué vendredi le groupe britannique dans un communiqué. 

Cette activité marine civile en difficulté, et qui a fait l'objet d'une sévère restructuration depuis 2015, emploie aujourd'hui 3.600 personnes, majoritairement dans les pays scandinaves. Elle fournit des moteurs et autres équipements et services pour l'industrie pétrolière et gazière ainsi que pour la marine marchande.

Le groupe industriel britannique, qui emploie 55.000 personnes dans une cinquantaine de pays, avait annoncé en janvier vouloir céder cette activité déficitaire, au moment où il réorganise son activité en trois grands pôles pour renforcer sa rentabilité: la fourniture de moteurs d'avions pour l'industrie aéronautique civile, les systèmes de défense et les équipements de production d'énergie. 

En 2017, la division marine civile a généré 817 millions de livres de chiffre d'affaires (923 millions d'euros) et subi un déficit opérationnel de 70 millions de livres. La transaction devrait être bouclée au premier trimestre 2019, une fois obtenues les autorisations des régulateurs. 

Dans le domaine maritime, Rolls-Royce conservera néanmoins son pôle de défense et continuera aussi de fournir des moteurs pour la marine de plaisance.

"Cette transaction prolonge les initiatives que nous avons prises depuis deux ans pour simplifier notre activité", a expliqué le directeur général du groupe, Warren East, ajoutant que cette vente allait permettre à Rolls-Royce "de se concentrer sur ses trois activités centrales". 

- Avions gros-porteurs -

Dans une annonce distincte, le groupe britannique avait annoncé le 14 juin la suppression de 4.600 emplois en deux ans, afin de réduire des échelons administratifs et d'encadrement et simplifier son fonctionnement.

Le personnel des ressources humaines et de la comptabilité, notamment au Royaume-Uni, sera en première ligne et M. East a assuré que cette restructuration serait invisible pour ses clients, le groupe entendant conserver intacte sa capacité de production. 

L'entreprise estime qu'à partir de la fin 2020, son nouvel organigramme lui coûtera 400 millions de livres de moins par an (450 millions d'euros). 

Fournisseur d'Airbus et de Boeing, entre autres, Rolls-Royce reste très ambitieux pour son activité phare de fabrication de moteurs pour l'aviation civile. Il met en avant que sa part de marché des moteurs d'avions gros-porteurs, qui était de 22% il a dix ans, devrait dépasser les 50% dans les années à venir. 

Pour Airbus, il conçoit et produit notamment des moteurs pour les familles d'avion long-courrier A330, A350 et A380. Pour Boeing, il fabrique notamment les Trent 1000 du 787 mais ces derniers sont soumis depuis ce printemps à des contrôles poussés du fait d'une inquiétude concernant des compresseurs, occasionnant quelques perturbations pour les compagnies aériennes clientes.

De son côté, Kongsberg va voir ses effectifs et son chiffre d'affaires augmenter de plus de moitié avec cette acquisition. Présent dans 25 pays, le groupe fournit des équipements et des services technologiques pour l'industrie de défense, maritime, pétrolière et gazière, halieutique et aéronautique.

"L'industrie maritime connaît une conjoncture difficile depuis quelques années, mais même s'il demeure des incertitudes, nous pensons que le marché va croître, tiré par la technologie et l'innovation", a assuré le président de Kongsberg, Eivind Reiten, dans un communiqué distinct.

Détenu à moitié par l'Etat norvégien, Kongsberg prévoit de financer cette acquisition par l'émission d'obligations mais aussi de nouvelles actions, une opération à laquelle Oslo va participer. 

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