Rome conteste en justice le retrait d'Arcelor de l'aciérie Ilva

Rome conteste en justice le retrait d'Arcelor de l'aciérie Ilva
offre de rachat d'ArcelorMittal

Boursier.com, publié le vendredi 15 novembre 2019 à 14h39

Le groupe sidérurgiste a annoncé il y a deux semaines qu'il résiliait son offre de reprise de la plus grande aciérie d'Europe, mettant en danger l'avenir industriel d'une des régions les plus pauvres du sud du pays.

Le gouvernement italien ne veut pas lâcher face à ArcelorMittal... Il a saisi la justice vendredi pour contester la décision du géant mondial de renoncer à sa reprise de l'aciérie Ilva, dans le sud de l'Italie.

Le groupe sidérurgiste a annoncé il y a deux semaines qu'il résiliait son offre de reprise de la plus grande aciérie d'Europe, mettant en danger l'avenir industriel d'une des régions les plus pauvres du sud du pays. Il estime en effet ne plus bénéficier d'une protection juridique contre d'éventuelles poursuites pénales liées à la pollution du site, qui aurait entraîné des centaines de cancers et de maladies cardio-respiratoires ces dernières années.

Les 200.000 habitants de Tarente, la ville des Pouilles où est située l'entreprise, sont exposés eux aussi à des niveaux records de pollution...

Cette décision a provoqué la colère du gouvernement italien, persuadé que l'argument de la protection juridique n'est qu'un prétexte employé par Arcelor pour abandonner la reprise de l'usine, qui perd environ 2 millions d'euros par jour.

Dépolluer et améliorer la production

Le site Ilva, que l'Etat italien a repris en 2015, est passé sous le contrôle d'ArcelorMittal en 2018. Il emploie 8.200 personnes directement, et plusieurs milliers d'autres en sous-traitance, dans une région fortement frappée par le chômage. Ses cinq hauts-fourneaux ont permis de produire jusqu'à 10 millions de tonnes d'acier par an, au plus fort de l'activité.

ArcelorMittal s'est engagé à verser 1,8 milliards d'euros pour Ilva. Dans le cadre de son offre de reprise, le groupe coté à Amsterdam a aussi promis de consacrer 1,2 milliard d'euros sur la période 2018-2023 pour réparer les dommages environnementaux imputés à l'aciérie et d'injecter 1,3 milliard pour améliorer la production du site, avec l'objectif de la faire passer de 6 à 8 millions de tonnes par an.

Colère des salariés

En déplacement le 8 novembre à Tarente, le président du Conseil, Giuseppe Conte, a pu mesurer la colère des salariés. Les syndicats accusent l'exécutif d'avoir fourni à ArcelorMittal l'occasion de retirer son offre en supprimant la protection juridique qui avait été apportée aux administrateurs de l'aciérie après sa reprise par l'Etat en 2015. Conte s'est engagé à réactiver cette immunité si l'initiative conduit ArcelorMittal à revenir sur sa décision.

Mais sa coalition est partagée : le Mouvement 5 Etoiles, qui réclamait la fermeture du site lors de la campagne électorale de 2018, estime qu'on ne peut pas priver les populations concernées de la possibilité d'un recours en justice.

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