Routes de la Soie: le FMI s'inquiète de la dette des pays aidés par la Chine

Routes de la Soie: le FMI s'inquiète de la dette des pays aidés par la Chine
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde s'entretient avec le gouverneur de la banque centrale chinoise (PBOC) Yi Gang lors d'un forum sur les "Nouvelles routes de la Soie" à ...

AFP, publié le jeudi 12 avril 2018 à 08h32

A l'heure où la Chine multiplie les projets d'infrastructures à l'étranger, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a mis en garde jeudi contre les risques de dérapage financier et le piège de l'endettement pour les pays concernés.

Mme Lagarde s'exprimait dans la capitale chinoise à l'occasion d'un forum sur les "Nouvelles routes de la Soie", le colossal plan lancé par le président chinois Xi Jinping en 2013 pour déployer routes, ports, voies ferrées et parcs industriels à travers l'Asie, aux portes de l'Europe et jusqu'en Afrique.

Si l'initiative réunit désormais 70 pays, censés investir de concert, beaucoup des chantiers sont en réalité largement financés par des prêts d'institutions chinoises, et certains pays occidentaux y voient volontiers une stratégie de Pékin pour cimenter son influence.

Certes, les "Routes de la Soie" peuvent répondre au "besoin pressant d'infrastructures" à travers le monde et apporter des financements dont les pays receveurs "ont le plus grand besoin", a reconnu Mme Lagarde devant un parterre de responsables chinois et étrangers.

Mais ces partenariats "peuvent également conduire à un accroissement problématique de l'endettement (des pays concernés), limitant leurs autres dépenses à mesure que les frais liés à la dette augmentent", s'est-elle alarmée.

"Dans les pays où la dette publique est déjà élevée, une gestion attentive des termes financiers est cruciale", a-t-elle encore martelé.

De fait, les banques publiques de développement chinoises et autres institutions du géant asiatique accordent de colossaux prêts pour les chantiers lancés dans les pays des "Routes de la Soie", quitte à mettre ceux-ci dans une situation financière intenable.

Ainsi, le Sri Lanka, qui avait contracté de lourds emprunts auprès de la Chine pour aménager un port en eaux profondes, s'est vu contraint, sous le poids d'une "spirale d'endettement", de finalement céder le contrôle de l'infrastructure... à Pékin. 

Christine Lagarde a plaidé pour des investissements plus collectifs, tout en appelant à une transparence accrue.

"Il faut s'assurer que les Routes de la Soie ne conduisent que là où c'est nécessaire", a-t-elle insisté.

"Dans les projets à grande échelle, il existe la tentation de tirer profit des appels d'offres (...) Il existe toujours le risque de projets qui échouent ou de détournement des fonds. Parfois, cela s'appelle même de la corruption", a observé la directrice du Fonds.

Xi Jinping avait cependant balayé lui-même mardi les critiques adressées aux "Routes de la Soie", devant le Forum de Boao organisé dans le sud de pays.

"Il ne s'agit ni d'un Plan Marshall, ni d'un complot chinois. Il s'agit d'une initiative suivant son cours en pleine lumière", a-t-il assuré, selon l'agence étatique Chine nouvelle.

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