Royaume-Uni: réunion de crise après la chute du géant du BTP Carillion

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 La marque Carrillion apparaît sur une grue, à Londres le 14 janvier 2018

La marque Carrillion apparaît sur une grue, à Londres le 14 janvier 2018

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© AFP, Tolga AKMEN
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AFP, publié le mardi 16 janvier 2018 à 06h39

Le gouvernement britannique a tenu une réunion de crise après l'annonce surprise de la faillite du groupe de construction et de services Carillion, l'opposition de gauche critiquant vivement la gestion du dossier par l'équipe de Theresa May.

La réunion a eu lieu lundi soir en présence des ministres concernés dont celui des Finances Philip Hammond qui n'a fait aucun commentaire.

Le gouvernement a refusé de fournir des garanties pour le renflouement du groupe en grandes difficultés financières qui emploie 43.000 personnes dans le monde (Canada, Moyen-Orient et Afrique du Nord) dont 19.500 en Grande-Bretagne, mais s'est engagé à financer les nombreux services publics que la société assurait au Royaume-Uni et à payer les salaires.

Carillion cumule des contrats en cours auprès du secteur public ou en partenariat public-privé d'un montant d'environ 1,7 milliard de livres (1,91 milliard d'euros), fournissant notamment des services de restauration pour des écoles et des hôpitaux, et l'entretien quelque 50.000 logements du ministère de la Défense.

L'opposition a vivement critiqué le gouvernement, accusé d'avoir continuer à accorder des contrats au groupe qui selon elle accumulait des erreurs de gestion avec notamment des très hauts salaires accordés à certains ex-dirigeants.

"La faillite de Carillion marque un tournant", a tweeté le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn.

"Il est temps de mettre fin à l'arnaque des politiques de privatisation qui ont causé de graves dommages à nos services publics et plumés les contribuables de milliards de livres", a-t-il ajouté.

Faute d'accord sur son renflouement, Carillion explique avoir été contraint "de se placer en liquidation avec effet immédiat".

Le sauvetage du groupe s'est joué à peu de choses, selon l'agence de presse britannique PA, qui affirme que Carillion avait demandé 20 millions de livres au gouvernement afin d'être en mesure d'obtenir ensuite davantage de fonds auprès des banques. Celles-ci avaient conditionné tout renflouement à une intervention directe des autorités publiques.

Ces mêmes banques créancières devraient perdre autour de 2 milliards de livres avec cette liquidation, en comptant leur exposition aux différentes filiales du groupe, selon la presse britannique.

- 'Echec complet d'un système' -

Le groupe de construction et de services Carillion a brutalement fait faillite lundi, laissant en plan des milliers de salariés.

"Nous n'avons pas été capables de trouver les fonds pour soutenir notre activité", a déclaré Philip Green, président du conseil d'administration du groupe.

La presse évoquait ces derniers jours une possible cessation de paiement, mais le groupe a surpris en se déclarant directement en liquidation, laquelle va être orchestrée par un responsable désigné par le tribunal des faillites ainsi que par le cabinet PwC.

Carillion a mené d'âpres discussions durant le week-end avec des représentants du gouvernement et ses créanciers, espérant réduire sa dette et renforcer son capital, mais sans succès.

"Il n'est pas possible d'attendre des contribuables de sauver une société du secteur privé", a expliqué David Lidington, secrétaire d'Etat auprès de la Première ministre.

Certains analystes soulignent toutefois le risque pris par le gouvernement conservateur, échaudé par toute aide publique au secteur privé depuis la crise financière de 2008.

"Le financement temporaire par le gouvernement des contrats de service public de Carillion, ainsi que l'augmentation probable des coûts liées à la renégociation des contrats, font que très probablement il va payer bien plus que s'il avait fourni les garanties demandées", estime Rebecca O'Keefe, analyste chez Interactive Investor.

Les syndicats ont demandé immédiatement des assurances sur l'avenir des emplois. Pour GMB, très présent dans le secteur public, cette faillite "montre l'échec complet d'un système qui a mis nos services publics entre les mains de groupes louches et concentrés sur le profit".

Le groupe, dont le siège est à Wolverhampton (centre de l'Angleterre), était engagé dans d'importants projets de travaux publics au Royaume-Uni et croulait sous une dette de 1,5 milliard de livres (1,68 milliard d'euros), dont celle liée à son fonds de retraite.

La situation financière du groupe s'est lourdement dégradée ces dernières mois, en raison de reports de chantiers, de difficultés dans l'exécution de contrats et de retards de paiement, entraînant un plongeon de son action.

Pour couronner le tout, il faisait l'objet d'une enquête du gendarme boursier britannique concernant les annonces financières faites entre décembre 2016 et juillet 2017.

Sa chute pourrait avoir des conséquences sur le projet géant High Speed 2 (HS2) de nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse au Royaume-Uni, que Carillion portait aux côtés du britannique Kier et du français Eiffage.

Le gouvernement britannique a toutefois assuré que le projet se poursuivait et que l'avenir des actifs de Carillion ne serait pas décidé dans la précipitation.

La Bourse de Londres a terminé lundi en légère baisse de 0,12%, marquée par la liquidation de Carillion qui a entraîné un repli des valeurs de la construction et de plusieurs banques. 

 
1 commentaire - Royaume-Uni: réunion de crise après la chute du géant du BTP Carillion
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    ajlbn -

    La modération ORANGE censure systématiquement tout ce qui peut être une critique de la nouvelle religion et de son dogme, mais aussi, tout ce qui peut déplaire au fn, sans oublier les critiques concernant la sociale démocratie. Les uns se nourrissant des autres et lycée de Versailles.
    Je repasse moi aussi systématiquement mes commentaires et le premier a été rejeté puis repassé 53 fois, et ce n'est pas fini. Il va falloir créer une Association des déboutés du Droit d'expression sur ORANGE.
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    référence à l'article :
    Les adhérents du Front national sont-ils opposés à un changement de nom ?
    Statut : refusé
    Il y a 2 heures
    Le nom Front National, était pendant la dernière guerre et jusqu'en 1948, celui d'un groupe de résistants proches du parti communiste! Autant dire qu'il représentait, avec d'autres, la lutte contre les nazis, les collaborateurs, et les groupuscules d'extrême droite et pétainistes! Donc rien à voir avec l'actuel mouvement!
    53- fois censuré =repassé
    Comme c'est curieux, ce sujet a encore été "gelé" ce matin! Le nombre de réactions 47 - à côté du bouton REAGIR avait disparu, et le bouton était inactif, impossible de déposer un avis, ou de signaler au modérateur. Ce qui est étrange, c'est que seul ce sujet était "bloqué". J'ai pu déposer ailleurs! Mon avis, respectueux de la charte sera repassé autant de fois que nécessaire. Cordialement
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    référence à l'article :
    Sondage : Macron et Philippe à nouveau en forte hausse
    Statut : refusé
    Il y a 2 heures
    Se pose la question de la composition du panel de sondés! J'ai fait un sondage honnête chez moi! 100% des personnes consultées sont mécontentes de de gouvernement. Et avec de bonnes raisons comme ci-dessous!
    Les Lois Gattaz-Valls-Hollande-Macron se heurtent aux réalités de la vraie vie! Le patronat nous voulait taillables et corvéables à merci. Pour ce faire, le gouvernement a joué la carte de la division, entre les citoyens, les salariés du privé, du public, les chômeurs, les stagiaires, les retraités, les malades, les étudiants, les artisans, etc...et la division entre les syndicats, en faisant miroiter à certains la possibilité de devenir l'interlocuteur privilégié du pouvoir! Mais les bases syndicales, les délégués de terrain, eux sont restés unis. On les a vu dans les manifs nombreuses! Nos dirigeants ont ajouté, à diverses époques du mépris des insultes à notre endroit! Le "casse toi pauv' c.." de Sarkozy ne s'adressait pas qu'à une personne! Les "sans dent" de Hollande était bien collectif, les riens, les fainéants, les fouteurs de bor..ls, les assistés et autres mots de Macron, étaient de la même veine! Patrons, nous ne serons pas vos nouveaux esclaves! Ni nos enfants et petits enfants!
    35-fois censuré-repassé
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    référence à l'article :
    "Pas de nouvel impôt" : croyez-vous le gouvernement ?
    Statut : refusé
    Il y a 2 heures
    92% de NON! Mais c'est surement parce que nous n'avons pas compris...Un déficit d'explication? Sarkozy avait supprimé la taxe professionnelle, promis juré sans impôt nouveau, et deux taxes sont venues remplacer la TP! Alors, avec Macron, on peut s'attendre, non pas à un impôt, mais à un prélèvement volontaire obligatoire temporaire à durée non précisée, ou à une aide tellement bien calculée et adaptée à chacun qu'elle pourra faire basculer l'heureux bénéficiaire dans une tranche supérieure d'imposition (non de contribution de solidarité avec les nantis nécessiteux) qui permettra de récupérer encore plus de picaillons, et roule ma poule!
    08- fois censuré-repassé
    ----------------------------------
    référence à l'article :
    Congrès du PS: quatre candidats pour une bataille à l'issue incertaine
    Statut : refusé
    Il y a 2 heures
    Victime du Hollandisme libéral et accompagnateur de la mondialisation sans combat, qui a fait perdre à la gauche et aux écolos quasi toutes les élections intermédiaires, ce parti se vide de sa substance. S'il se raccroche encore à la sociale démocratie de soutien du gouvernement actuel, façon allemande, alors ce sera sa disparition totale.
    Avant d'élire un chef il serait bon qu'il définisse sa politique. Que la ligne vienne de la base.
    04- censuré-repassé

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    patdu69 -

    On s'en fout de ta vie !

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