Salaires : léger recul du pouvoir d'achat en 2020 et prévision à la baisse pour 2021

Salaires : léger recul du pouvoir d'achat en 2020 et prévision à la baisse pour 2021
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Boursier.com, publié le mercredi 02 septembre 2020 à 08h07

Selon la 9e édition de l'étude sur les rémunérations 2020 de Deloitte

Dans son étude annuelle sur les rémunérations, Deloitte apporte un éclairage sur les évolutions salariales en 2020 et sur les prévisions des entreprises pour 2021... Pour cette 9ème édition, le cabinet a analysé plus d'un million de données individuelles issues de 300 entreprises, faisant de cette étude, la plus représentative de France.

Parmi les principales observations, avec une prévision d'inflation contenue, notons un recul marqué des augmentations de salaires pour atteindre cette année une enveloppe de 2% pour les OETAM et 2,3% d'augmentation en 2020 pour les cadres. Les montants de bonus versés sont en baisse pour la 3ème année consécutive, en particulier pour les cadres. Après trois années de hausse significative, l'épargne salariale est stable.

L'écart salarial femmes/hommes stagne par ailleurs à +3%, après une amélioration constante depuis quelques années. Les prévisions des augmentations pour 2021 sont en baisse, avec un budget de 1,5% pour les OETAM et 1,7% pour les cadres (versus 2,1% en 2020) et marquent une rupture avec la dynamique des années précédentes...

Un ralentissement de la dynamique d'évolution des augmentations salariales

Après plusieurs années d'augmentations constantes, on observe un ralentissement des augmentations salariales ayant un impact modéré sur le pouvoir d'achat du fait d'un inflation contenue sur la même période.

Parmi les tendances observées : Les augmentations distribuées en 2020 ont été de l'ordre de 2% pour les OETAM et 2,3% pour les cadres. Cela représente un léger recul par rapport à 2019, respectivement de 0,4 points (2,4%) et de 0,5 points (2,8%). L'écart de rémunération entre l'Île-de-France et les régions se maintient cette année entre 6% et 7% tout comme l'écart inter-région qui reste de l'ordre de 3% maximum.

Comme les années précédentes, l'écart de rémunération observé entre les PME (moins de 50 millions d'euros de CA) et les grandes entreprises (plus de 1 milliard d'euros de CA) est de l'ordre de 10 pts en salaire de base et en rémunération totale.

Les parts variables orientées à la baisse avec une prime PEPA sélective fonction de la contribution au maintien de l'activité lors du confinement

Selon les niveaux de responsabilité et les filières de métiers, la part variable représente 1 à 3 mois de salaire de base. Le 'pay-out' (rapport entre le bonus versé et le bonus cible) est en baisse de 4 points après plusieurs années de stabilité (84% en 2020 versus 88% en 2019).
Concernant les cadres, population la plus impactée sur cet agrégat, les montants de bonus versés sont en baisse en nombre de bénéficiaires et en montant, avec un recul du montant moyen versé de 6,2%.

Au niveau de la prime PEPA, moins d'1/4 des entreprises participantes (contre près de 60% l'an passé) ont versé cette prime au profit de 23% des OETAM et seulement 6% des Cadres avec une baisse de 30% du montant médian atteignant cette année 327 euros. Ce dispositif a été utilisé cette année principalement par les entreprises ayant continué à mobiliser leur capital humain - notamment les OETAM - lors du confinement en tenant compte de la présence sur site pour la distribution...

En rupture avec les pratiques des précédentes années, nous observons une stabilité des montants ainsi que du nombre de bénéficiaires de l'épargne salariale.

Une stagnation des écarts salariaux femmes/hommes

Face aux priorités de maintien de l'emploi et du pouvoir d'achat, les écarts salariaux et le plafond de verre demeurent.

L'écart salarial entre les femmes et les hommes stagne à plus de 3% en moyenne (entre 2,6% et 7,6% selon le niveau de responsabilité), sans que l'on constate des pratiques d'augmentation différenciée cette année en faveur des femmes

Santé et Retraite : des évolutions à anticiper...

La crise sanitaire a impacté les régimes de complémentaire santé via une baisse de la consommation sur le premier semestre 2020. L'évolution des comptes de résultats des différents régimes de couverture sociale devra être suivie attentivement afin de connaître l'impact global réel de cette situation.

Le contexte a aussi contraint la suspension du projet de réforme sur les retraites. Quant aux régimes de retraite supplémentaire, leurs évolutions trouvent davantage leurs origines dans des modifications réglementaires, passées et à venir...

Les prévisions d'augmentation marquées par l'incertitude

Dans un contexte anticipé d'inflation plus faible que l'an passé et de manque de visibilité sur la reprise économique, les prévisions d'augmentation sont prudentes pour 2021 avec 1,5% pour les OETAM et 1,7% pour les cadres (contre 2,1% pour les deux catégories socioprofessionnelles l'an passé à la même date). Elles marquent une rupture avec la dynamique d'évolution salariale que nous avons connu ces précédentes années.

Prenant en compte le contexte actuel ainsi que des indicateurs de l'INSEE au niveau du taux de croissance du PIB, du taux d'inflation, du taux de chômage et les projections macroéconomiques réalisées par la Banque de France, nous anticipations une reprise des tendances historiques d'augmentation à compter de 2023 tout en anticipant une perte potentielle de pouvoir d'achat très marquée sur 2021.

"Ralentissement des augmentations et rémunération variable en baisse : l'année 2020 est une année inédite marquée par la prudence des politiques salariales et une stagnation des écarts salariaux f/h, en rupture avec la dynamique des années précédentes. Dans un contexte d'incertitude de la reprise économique, une anticipation est nécessaire pour 2021 au niveau de la rémunération, mais aussi des éléments périphériques tels que l'épargne salariale et les avantages sociaux sans oublier de se projeter à plus long terme selon certains scénarios de reprise" déclare Franck Chéron, Associé Capital Humain chez Deloitte.

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