Sans l'insecticide sur la betterave, plus d'industrie du sucre en France, affirme Pompili

Sans l'insecticide sur la betterave, plus d'industrie du sucre en France, affirme Pompili
Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique

Boursier.com, publié le mercredi 12 août 2020 à 15h36

Sous la pression de l'industrie sucrière, le gouvernement a autorisé le retour des néonicotinoïdes, réputés "tueurs d'abeilles", pour la culture des betteraves jusqu'en 2023...

Sous la pression de l'industrie sucrière, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation a autorisé le retour des néonicotinoïdes pour la culture des betteraves jusqu'en 2023 pour lutter contre une maladie transmise par un puceron. En visite à Biarritz, dans les Pyrénées-Atlantiques, la ministre de la Transition écologique a justifié cette marche arrière...

"Vous imaginez à quel point la décision est difficile à prendre. Mais on ne peut pas agir sans sur le court terme. Sinon, cela veut dire que l'on ne peut plus produire de betteraves en France et qu'il faudra fermer les sucrières", a expliqué ce mercredi la ministre, citée par le quotidien 'Sud Ouest'.

Cette décision, qui s'inscrit dans le plan de soutien pour la filière betterave-sucre, est contestée par de nombreux apiculteurs et défenseurs de l'environnement. Les néonicotinoïdes, réputés pour être des "tueurs d'abeilles", n'étaient plus autorisés en France depuis septembre 2018, suite à la loi biodiversité de 2016. Un texte qui était à l'époque défendu par Barbara Pompili...

Des dérogations limitées

La ministre de la Transition écologique a toutefois tenu à rappeler qu'il s'agissait d'une décision "très restrictive" pour les agriculteurs. "On ne parle que des betteraves, on ne parle d'une dérogation que si nous avons un hiver doux - car s'il ne l'est pas, il n'y aura pas de néonicotinoïdes sur les betteraves -, on parle de limitation dans le temps...", a-t-elle précisé, assurant que l'objectif est de limiter le plus possible l'utilisation de cet insecticide.

Sur Twitter, la ministre a également souligné que "plus de 90% des usages des néonicotinoïdes restent bien sûr interdits et que "le coeur de la loi de 2016 n'est pas remis en question et l'interdiction reste la règle".

Elle ajoute que "la dérogation prévue vaut pour cette année et au maximum les deux saisons suivantes si les alternatives ne fonctionnent toujours pas. Il s'agit de lutter contre une crise exceptionnelle, pas d'installer une pratique pérenne".

"Trouver des solutions alternatives"

"Que ceux qui me disent qu'on peut faire autrement pour avoir des semis de betteraves dans les six mois viennent me voir, je les écouterai avec grande attention", a-t-elle affirmé, soulignant dans le même temps la nécessité de "trouver des solutions alternatives".

"Si on peut éviter d'en arriver là, ce sera formidable. Malheureusement, pour une solution dans les six mois, on n'y arrivera pas", a estimé la ministre. "Je ne veux pas que quiconque puisse croire que ce n'est pas dangereux", a toutefois assuré Barbara Pompili.

Début août, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation avait estimé dans un communiqué qu'il y avait urgence à agir sur "le virus de la jaunisse transmis par les pucerons" qui s'est développé massivement sur l'ensemble des régions productrices françaises, rappelant que l'Hexagone est le premier producteur de sucre européen et que le secteur concerne 46.000 emplois...

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