Santé : plus de 6 Français sur 10 ont déjà renoncé à se soigner à cause des difficultés financières

Santé : plus de 6 Français sur 10 ont déjà renoncé à se soigner à cause des difficultés financières
santé carte vitale

Boursier.com, publié le lundi 18 novembre 2019 à 11h06

Plus de 60% des Français ont dû renoncer à consulter un médecin, à cause notamment des délais d'attente trop longs pour obtenir un rendez-vous ou un reste à charge trop élevé.

L'accès aux soins est de plus en plus difficile... Une large majorité de Français (63%) a déjà dû renoncer à se faire soigner pour diverses raisons, selon une étude BVA pour France assos santé (qui regroupe 85 associations de malades), dévoilée par 'Le Journal du Dimanche'.

Dans le détail, 49% des personnes interrogées ont décidé de ne pas se faire soigner à cause d'un manque de praticiens disponibles pour un rendez-vous et 25% pour un manque de médecins à une distance raisonnable de leur domicile. Selon les déclarations des Français recueillies dans l'étude, le délai moyen pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste est de 3 mois en moyenne.

"Ces résultats ne nous étonnent pas car ils correspondent à ce qui nous remonte du terrain. Mais ils nous inquiètent", a expliqué au 'JDD' Féreuze Aziza, chargée de mission Assurance maladie à France Assos Santé.

Des dépassements d'honoraires plus fréquents selon les Français

D'autres raisons raisons ont été invoquées par les Français, telles que les difficultés financières (45%). Les dépassements d'honoraires seraient d'ailleurs de plus en plus fréquents pour les patients. Selon le sondage, 67% des sondés y sont confrontés au moins "de temps en temps", dont 30% "souvent".

"Dans les communications officielles, on nous dit que le taux moyen de dépassement diminue. La conclusion qu'on peut tirer de l'étude, c'est que, dans la vraie vie, il devient de plus en plus compliqué de trouver un spécialiste qui n'en pratique pas", a affirmé Féreuze Aziza.

Les catégories fragiles sont les plus concernées

Concernant le reste à charge (dépassements d'honoraires non remboursés par les mutuelles inclus), 58% des personnes interrogées estiment qu'il a augmenté depuis ces dernières années. Pourtant, dans une publication de septembre, la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé a indiqué que le reste à charge, qui représente 7% de la consommation des soins, est en diminution depuis dix ans.

L'étude révèle par ailleurs que les "catégories fragiles" (jeunes, habitants des zones rurales, personnes en situation de handicap ou modestes) sont celles qui sont le plus touchées par le renoncement des soins. Une enquête menée par le Défenseur des droits avait d'ailleurs estimé que près de 12% des bénéficiaires de la CMU-C ou de l'aide à la complémentaire santé (ACS) se seraient déjà vu refuser un rendez-vous à cause de leur statut.

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