Santé : près de 4 millions de Français vivaient dans un désert médical en 2018

Santé : près de 4 millions de Français vivaient dans un désert médical en 2018©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 14 février 2020 à 11h09

Selon un étude de la Drees, le nombre de personnes vivant dans un territoire sous-doté en médecins généralistes est passé de 2,5 millions en 2015 à 3,8 millions en 2018.

La France est loin d'être guérie... Alors que le plan Santé 2022 porté par la ministre de la Santé Agnès Buzyn entend notamment répondre aux problèmes de désertification médicale, la direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques (Drees) a révélé ce vendredi que le nombre de Français vivant dans un territoire sous-doté en médecins généralistes a progressé, passant de 2,5 millions à 3,8 millions de personnes. Soit une hausse de 52% en seulement trois ans.

Mesurée à l'échelle "du territoire de vie-santé", la part de la population française vivant en zone "sous-dense" (qui ont accès à moins de 2,5 consultations par an et par habitant) reste toutefois "faible", estime la Drees.

En 2018, les Français avaient en effet accès "en moyenne à 3,93 consultations par an et par habitant, contre 4,06 consultations en 2015", détaille le service statistique des ministères sociaux, mais souligne tout de même que la part de population française concernée par ce problème est passée "en quatre ans, de 3,8% à 5,7%".

De nombreux départs à la retraites

Cette moindre accessibilité serait due principalement par "la diminution globale du nombre de médecins en activité sous l'effet de nombreux départs à la retraite, que les nouvelles installations ne compensent pas", en raison "de l'effet prolongé des numerus clausus" ayant limité le nombre de praticiens formés au cours des dernières décennies".

Selon la Drees, les stratégies visant "la libération de temps médical utile (nouvelles organisations territoriales, protocoles de coopérations interprofessionnelles, recours au numérique, etc.)" pourraient d'ailleurs constituer un "levier" pour freiner cette tendance.

L'Île-de-France, premier désert médical

D'une manière générale, "les inégalités s'accentuent entre les communes les moins bien dotées et celles qui le sont le plus", souligne l'étude. La Drees note une dégradation importante en Guyane, affectée par une "très forte croissance démographique" et où près de la moitié des habitants (44,2%, soit environ 120.000 personnes) sont concernés.

Mais l'Île-de-France reste la région la plus touchée par la sous-densité médicale. On recense 1,8 million de personnes vivant en zone sous-dense, contre 318.000 en Centre-Val-de-Loire. Dans ces deux régions, "le nombre de médecins généralistes a diminué respectivement de 4,2% et de 5,8%", en dépit d'une croissance démographique positive.

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