Scandale Wirecard : Angela Merkel rejette les accusations à son encontre

Scandale Wirecard : Angela Merkel rejette les accusations à son encontre
Angela Merkel Wirecard

Orange avec Boursier.com, publié le vendredi 23 avril 2021 à 15h38

Auditionnée devant une commission d'enquête parlementaire, la chancelière allemande a rejeté les allégations à son encontre sur l'affaire Wirecard...

Auditionnée devant une commission d'enquête parlementaire, la chancelière allemande a rejeté les allégations à son encontre sur l'affaire Wirecard...

Moins d'un an après les révélations sur le scandale Wirecard, une commission d'enquête allemande est chargée de faire la lumière sur l'éventuelle responsabilité de plusieurs politiques, à commencer par Angela Merkel. Auditionnée ce vendredi, la chancelière allemande a rejeté les accusations à son encontre.

Invitée par cette commission à s'expliquer sur les motifs qui l'ont poussé à vanter les mérites de la société de paiement lors d'une visite d'Etat à Pékin en septembre 2019, elle a affirmé n'avoir aucune raison de soupçonner la société d'activités illégales, ajoutant qu'elle souhaitait seulement l'aider à conclure des affaires en Chine.

La dirigeante soutient que son intervention en faveur de cet ancien fleuron de la technologie s'inscrivait dans le cadre du programme de soutien aux entreprises allemandes lors de ses déplacements à l'étranger, se défendant ainsi d'avoir réservé un "traitement spécial" à l'entreprise.

"Aucune raison de penser qu'il y avait des irrégularités graves"

Cette initiative est considérée par la chancelière comme une partie normale de son travail. "Ce que l'on sait depuis l'été 2020 à propos de Wirecard n'était pas connu en 2018-2019", a assuré Angela Merkel. "Il n'y avait aucune raison de penser qu'il y avait des irrégularités graves, malgré les articles de presse", a-t-elle ajouté.

Pour rappel, Wirecard, dont la capitalisation boursière a atteint jusqu'à 28 milliards de dollars (23 milliards d'euros), moins de deux ans après son admission à la Bourse de Francfort, a déposé l'an dernier le bilan après la découverte d'un trou de 1,9 milliard d'euros dans ses comptes.

Alors que Karl-Theodor zu Guttenberg, ancien ministre allemand de l'Economie, s'était parallèlement engagé à l'époque à soutenir davantage l'entreprise, la chancelière a fait un récit vague de sa rencontre avec cet homme peu de temps avant son voyage en Chine, affirmant ne plus se souvenir d'avoir évoqué le sujet avec lui.

Démissions en cascade et poursuite devant les tribunaux

Le témoignage de la dirigeante est le point d'orgue d'une enquête publique sur une affaire qui a entaché la réputation de rigueur de l'Allemagne, révélé des liens entre les milieux politiques et ceux des affaires et provoqué des démissions en cascade ainsi que des poursuites devant les tribunaux.

Avant Angela Merkel, le ministre des Finances, Olaf Scholz, avait rejeté toute responsabilité dans le scandale provoqué par Wirecard, estimant que la faute en incombait au cabinet au cabinet d'audit EY, chargé de certifier les comptes du groupe de paiement.

La chancelière souligne que les comptes du groupe ont été approuvés par EY et qu'elle n'avait aucune raison de douter des informations que lui avaient transmises Olaf Scholz. "Il n'y a pas de protection à 100% contre les comportements délictueux", a-t-elle expliqué. De son côté, EY affirme avoir agi de manière professionnelle.

Un modèle de "laissez faire" allemand

De nombreuses preuves collectées dans le cadre de l'enquête donnent à penser que les responsables allemands ont pris des décisions sans être au courant de la situation de Wirecard. Les parlementaires estiment cependant que les contacts de Wirecard avec d'anciens responsables politiques et du renseignement ont permis de mettre le groupe à l'abri des critiques.

Le système fédéral allemand avec des autorités de contrôle dispersées a en outre pu donner l'impression à Wirecard qu'il pouvait agir à sa guise. Les parlementaires accusent le gouvernement allemand d'avoir fermé sciemment les yeux sur la situation comptable de Wirecard jusqu'à son effondrement l'an dernier.

"La chancelière a fait pression en faveur de Wirecard auprès de l'homme le plus puissant de Chine", a affirmé Fabio De Masi, l'un des parlementaires à la tête de cette commission d'enquête, qui s'interroge sur les raisons pour lesquelles la chancelière a accordé une telle faveur au groupe. Pour Stephan Klaus Ohme, de Transparency International, la débâcle de Wirecard a montré les failles du modèle de "laissez faire" allemand à l'égard de l'industrie.

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