Sécheresse : les agriculteurs réclament des aides d'urgence

Sécheresse : les agriculteurs réclament des aides d'urgence
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Boursier.com, publié le mardi 11 août 2020 à 15h57

Selon la présidente de la FNSEA, l'agriculture a besoin d'aides d'urgence pour faire face à la sécheresse "exceptionnelle" et espère être inclue dans le plan de relance pour accélérer la transition climatique...

Faire "un geste exceptionnel" face à cette "année exceptionnelle"... Alors que la sécheresse gagne la majeure partie du pays, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, le syndicat professionnel majoritaire dans la profession agricole, a appelé ce mardi à un plan d'aide d'urgence pour l'agriculture.

"Tous les agriculteurs qui ont des grandes cultures ont souffert, tous ceux qui ont des pâtures ont souffert, il y a une nécessité de réagir", a estimé la présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles sur 'France Inter'. "Pour la sécheresse, ce sera des aides d'urgence qu'il faudrait verser plus rapidement, des aides à la trésorerie", a-t-elle précisé.

Selon le site du ministère de la Transition écologique "Propluvia", mis à jour lundi à minuit, 76 départements font l'objet de mesures de restriction d'eau prises en raison de la sécheresse et 164 arrêtés sont en cours.

Des besoins "structurels"

Ces aides doivent prendre la forme d'un "allègement de la taxe sur le foncier non bâti, de l'impôt que nous payons sur les sols, des reports de cotisations sociales, et probablement des échelonnements bancaires pour que le remboursement pèse moins et que la trésorerie soit moins affectée", suggère la présidente de la FNSEA.

Outre les difficultés liées à la sécheresse, Christiane Lambert a également évoqué "des coûts supplémentaires en raison des gestes barrières" mis en place pour lutter contre le Covid-19. La patronne de la FNSEA a souligné la nécessité de "faire quelque chose de structurel" pour les filières agricoles.

"Il va falloir trouver une panoplie de dispositifs de soutien, alléger un certain nombre de charges que subissent les agriculteurs et parce que c'est exceptionnel, l'Etat devra faire un geste exceptionnel", a-t-elle insisté.

Souveraineté alimentaire

Face à un "contexte de climat aussi changeant et de sécheresse et de canicule aussi récurrent", on "ne peut plus faire seulement des pansements", a-t-elle ajouté. Le secteur espère par ailleurs être inclus dans le plan de relance de l'économie pour accélérer la transition climatique et la souveraineté alimentaire du pays. "Pour le plan de relance, nous avons comptabilisé le besoin à un milliard d'euros", a-t-elle précisé.

"Le président de la République a parlé souveraineté alimentaire, et on importe aujourd'hui 50% de nos tomates, de nos fraises", a-t-elle rappelé, tout en demandant les "moyens de produire" en France. Pour rappel, le plan de relance, portant sur 100 milliards d'euros, doit être présenté le 25 août par le gouvernement.

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