Sécheresse: les trufficulteurs varois veulent se relancer

Sécheresse: les trufficulteurs varois veulent se relancer

Un acheteur examine un panier de truffes au marché qui lui est consacrée à Lalbenque, le 6 décembre 2016

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AFP, publié le jeudi 23 novembre 2017 à 15h29

Frappés par une sécheresse exceptionnelle, les producteurs de truffe du Var, explorent la piste touristique pour tenter de se relancer, mais sont inquiets pour l'avenir de leur filière.

"Chez moi, à Saint-Julien-le-Montagnier, il n'est pas tombé une goutte d'eau depuis le 28 mai", se lamente Francis Gillet, président du Syndicat des producteurs de la truffe noire du Var, venu inaugurer jeudi matin dans la capitale du Haut-Var le marché au détail le plus important du département. Selon lui, il faut remonter à 2003 pour trouver trace d'une telle sécheresse dans la région.

À court terme, les conséquences se font sentir sur la récolte de cette saison, qui s'étale jusqu'en mars. Jeudi matin à Aups, seule une dizaine de producteurs ont fait le déplacement, contre plus d'une trentaine habituellement. "Et ceux qui sont là n'ont pas beaucoup de truffes, il y a plus de monde que de truffes", regrette Philippe de Santis, vice-président du syndicat et producteur à Bauduen. 

Une quinzaine de kilos, contre plus de 60 habituellement, se sont échangés au prix record de 800 euros le kilo --"Du jamais vu pour un marché primeur", reconnaît M. de Santis, qui table sur un prix de vente de 1.500 euros le kilo, et au-delà, à l'approche des fêtes de fin d'année.

- "Le modèle du passé a vécu" -

Mais la sécheresse pourrait bien avoir des conséquences plus dramatiques à long terme: "On peut craindre des répercussions pour les années futures car on s'aperçoit que la nature et les arbres trufficoles ont beaucoup souffert", avance Francis Gillet.

"Sur les parcelles insuffisamment irriguées, il se peut que le mycélium, sans lequel il n'y a pas de truffes, ait été brûlé", confirme Robert Massello, producteur à Ampus qui a écoulé en quelques minutes les malheureux 200 grammes, contre 2 kilos habituellement, récoltés cette année.

Face à cet état de fait, la filière cherche des solutions. La commune d'Aups a déjà commencé à s'orienter vers le truffo-tourisme en ouvrant une Maison de la truffe l'an dernier. Elle développe, sur le modèle de l'oenotourisme, un espace muséographique et des activités pour les groupes ou les particuliers autour de la truffe, avec journées thématiques, "afterworks" et autres séances de cavage dans les truffières.

Mais toutes ces activités se situent en aval de la filière. "Or, sans l'amont, elles ne peuvent pas vivre", reconnaît Laurent Péricat, chargé de valorisation à la Maison de la truffe, pour qui la trufficulture est arrivée à un tournant: "Le modèle hérité du passé a vécu, il est voué à disparaître si nous connaissons de nouveau une telle sécheresse", s'alarme-t-il.

"Nous travaillons avec la chambre d'agriculture pour trouver des solutions d'irrigation, mais il n'y en a pas 36, il faut soit faire des forages, soit amener de l'eau du canal de Provence, mais ce sont à chaque fois de gros investissements", abonde de son côté M. Gillet.

Ce programme de relance passe aussi par des dépenses en matière de formation et d'équipement, notamment des grillages pour éviter la concurrence des sangliers --autant d'investissements vitaux pour éviter de voir la "tuber melanosporum" disparaître des forêts varoises.

 
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