Sécurité sociale : déficit de 44,4 milliards d'euros en 2020, un niveau record

Sécurité sociale : déficit de 44,4 milliards d'euros en 2020, un niveau record
assurance maladie

Boursier.com, publié le mardi 29 septembre 2020 à 15h00

Ce chiffre record est lié aux dépenses exceptionnelles engendrées par la crise du Covid-19 et une rentrée moins importante de recettes résultant de la mise à l'arrêt d'une partie de l'économie...

Un déficit hors norme... Lors de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) de 2021 ce mardi, le gouvernement a annoncé que le déficit de la Sécurité sociale devrait atteindre 44,4 milliards d'euros cette année. Ce chiffre inédit est lié aux dépenses exceptionnelles engendrées par la crise du Covid-19 et une rentrée moins importante de recettes résultant de la mise à l'arrêt d'une partie de l'économie.

Le PLFSS de 2021 affiche toutefois un déficit moindre qu'anticipé en juin grâce à une reprise de l'économie plus robuste que prévue pendant l'été. Les prévisions tablaient sur un besoin de financement de près de 52 milliards d'euros pour 2020. On reste toutefois loin des prévisions qui avaient été faites en 2019, où le déficit devait atteindre 5,4 milliards d'euros en 2020. Sans crise sanitaire, le budget devait revenir à l'équilibre en 2023.

"La situation de nos comptes sociaux ne me satisfait pas", a affirmé le ministre de la Santé. "Le choix de rembourser notre dette sociale est confirmé. Mais la sortie de crise ira avec la nécessité de refonder notre système de régulation en inventant de nouveaux outils", a précisé Olivier Véran.

15 milliards d'euros pour répondre à la crise

Concernant les prévisions pour les années suivantes, elles restent très incertaines puisqu'elles dépendent de l'évolution de la situation sanitaire. Les dernières hypothèses font état d'un déficit qui pourrait encore dépasser 20 milliards d'euros à l'horizon 2024. Il sera de 27,1 milliards en 2021.

Au total, 15 milliards d'euros de dépenses exceptionnelles ont été engagés par l'Assurance maladie afin de faire face à l'épidémie de coronavirus, mais 4 milliards ont pu être économisés en raison de la sous-consommation de soins pendant de cette période. Le régime a, par ailleurs, bénéficié de 1 milliard de contributions des organismes complémentaires. Les dépenses nettes liées à la crise du coronavirus ont donc totalisé 10 milliards d'euros.

Par ailleurs, le recours massif à l'activité partielle, qui est exonérée de cotisations sociales et soumise à un taux de CSG réduit - deux sources importantes de financement pour la sécurité sociale - a créé un manque à gagner de 27 milliards d'euros.

Allongement du congé paternité à 28 jours

Le PLFSS 2021, qui doit traduire les engagements pris lors du "Ségur de la Santé", consacrera 1 milliard d'euros en 2020 puis 7,8 milliards d'euros en 2021 à la revalorisation des salaires du personnel hospitalier et à l'investissement dans les hôpitaux. Le texte prévoit également l'allongement du congé paternité à 28 jours, promis par Emmanuel Macron. Cette mesure est estimée à 520 millions d'euros par an et 260 millions d'euros la première année compte tenu de la date d'entrée en vigueur.

Pour éviter toute tension financière sur le régime, le gouvernement a par ailleurs proposé au Parlement de transférer progressivement 136 milliards d'euros de dette à la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades). Cette caisse, qui devait être supprimée en 2024, sera ainsi prolongée jusqu'en 2033. Les Français seront donc amenés à payer la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), impôt prélevé sur la plupart des revenus pendant 9 années supplémentaires.

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