Selon une ONG, 10% des aliments végétaux contiennent des traces de néonicotinoïdes

Selon une ONG, 10% des aliments végétaux contiennent des traces de néonicotinoïdes
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Boursier.com, publié le vendredi 02 octobre 2020 à 16h01

Selon Générations futures, "10,67% des échantillons non bios dans les divers plans d'analyse de la DGCCRF en 2017 contenaient un ou plusieurs néonicotinoïdes", réputés "tueurs d'abeilles".

Des néonicotinoïdes dans les assiettes ? Alors que les députés vont débattre le 5 octobre prochain sur la loi en faveur de la ré-autorisation de ces insecticides, l'ONG Génération futures a révélé que plus de 10% d'échantillons d'aliments d'origine végétale, contrôlés par la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) en 2017, présentaient des traces de néonicotinoïdes.

"En effet 10,67% des échantillons non bios dans les divers plans d'analyse de la DGCCRF en 2017 contenaient un ou plusieurs néonicotinoïdes (soit plus 1 échantillon sur 10 !). Ce sont donc en tout 680 résidus de néonicotinoïdes qui ont été retrouvés dans 491 échantillons non bios au total", détaille l'association de défense de l'environnement dans un rapport publié ce vendredi.

"Ce sont d'abord les thés chinois qui furent les plus gros pourvoyeurs de résidus de néonicotinoïdes en 2017 dans les aliments non bios" avec 156 échantillons porteurs de résidus d'un ou plusieurs néonicotinoïdes, précise l'ONG. Suivent les poires (41 échantillons), les piments (26), les cerises (28) et les abricots (25).

Des dérogations pour la culture de la betterave

L'étude souligne également que plus de 16% d'échantillons non bios contenant des résidus de néonicotinoïdes viennent de productions françaises. Interrogé par 'Le Parisien', le directeur de Générations futures François Veillerette a tenu à préciser qu'"il y a toujours un décalage d'un an entre les analyses faites par la DGCCRF et leur publication officielle". "Mais les données de 2018 ne doivent pas être tellement différentes puisque les néonicotinoïdes n'ont été interdits en France qu'en septembre 2018", a-t-il assuré.

Sous la pression de l'industrie sucrière, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation a pour rappel autorisé cet été le retour des néonicotinoïdes pour la culture des betteraves jusqu'en 2023 pour lutter contre une maladie transmise par un puceron. Ces insecticides, réputés "tueurs d'abeilles", n'étaient plus autorisés en France depuis septembre 2018, suite à la loi biodiversité de 2016. Un texte qui était à l'époque défendu par Barbara Pompili.

Un projet de loi, qui doit permettre des dérogations jusqu'en 2023 maximum à l'interdiction des néonicotinoïdes, doit être discuté le 5 octobre. Le texte doit ainsi déterminer si les dérogations qui seront accordées par arrêté ministériel concerneront la seule culture de la betterave.

"Nous sommes toutes et tous potentiellement exposés"

Générations Futures, qui estime que cette étude démontre que "nous sommes toutes et tous potentiellement exposés" aux néonicotinoïdes, dont certains sont par ailleurs suspectés d'être des perturbateurs endocriniens, appelle les députés à rejeter ce texte.

"Le seul argument que nous oppose les promoteurs de ces produits est d'ordre économique avec une perte des rendements soi-disant proche de 50% alors qu'il est démontré que cette perte serait de moins de 10%", souligne l'ONG. "Il serait donc opportun que les parlementaires suivent les scientifiques et les attentes de leur concitoyen.nes qui à près de 70% ne veulent pas du retour de ces insecticides néfastes", a-t-elle ajouté.

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