Séoul autorise la présidente de Hyundai à se rendre en Corée du Nord

Séoul autorise la présidente de Hyundai à se rendre en Corée du Nord
La présidente du groupe Hyundai, Hyun Jung-eun, de retour d'une visite en Corée du Nord le 27 décembre 2011

AFP, publié le jeudi 02 août 2018 à 07h34

Séoul a donné son feu vert à une visite rarissime au Nord de la présidente du groupe Hyundai à l'invitation de Pyongyang, a annoncé mercredi une responsable sud-coréenne, ce qui pourrait annoncer une amélioration des relations économiques.

Hyun Jung-eun se rendra vendredi dans la station de montagne du Mont Kumgang pour y marquer l'anniversaire du décès en 2003 de son époux, l'ancien haut dirigeant du groupe Chung Mong-hun, a précisé une porte-parole du ministère de l'Unification.

"Nous avons approuvé le voyage pour des raisons humanitaires car c'est une célébration annuelle", a-t-elle expliqué.

Il s'agirait de la première visite au nord de Mme Hyun depuis 2014. La présidente de Hyundai a rencontré plusieurs fois l'ancien dirigeant nord-coréen Kim Jong Il. Elle fut en outre une des premières Sud-coréennes à rencontrer son fils et successeur Kim Jong Un.

Son beau-père, Chung Ju-yung (1915-2001), le fondateur du groupe Hyundai, était un des promoteurs de la coopération économique entre les deux Corées et s'était rendu à plusieurs reprises à Pyongyang, entre 1998 et 2000, pour rencontrer Kim Jong Il.

Pendant l'ère de "la politique du rayon de soleil", au cours de laquelle Séoul avait une approche conciliante vis-à-vis de Pyongyang, Hyundai avait injecté des centaines de millions de dollars, à travers la création de la filiale Hyundai Asan, pour attirer les touristes sud-coréens dans la station de montagne du Mont Kumgang. 

Mais l'aventure avait abruptement pris fin quand un soldat nord-coréen avait abattu en 2008 une Sud-Coréenne qui s'était égarée.

Président de Hyundai Asan, Chung Mong-Hun s'était suicidé en 2003 en se jetant du 12ème étage du siège de sa société dans le centre de Séoul. 

Il était au centre d'un retentissant scandale touchant le gouvernement de l'ex-président sud-coréen Kim Dae-Jung, accusé d'avoir viré des millions de dollars au profit de la Corée du Nord afin de garantir la tenue du premier sommet historique entre les deux Corées en 2000.

Après des années de tensions en raison des programmes nucléaire et balistique de Pyongyang, la péninsule connaît depuis le début de l'année une spectaculaire détente, illustrée par un sommet intercoréen en avril, puis par la rencontre historique en juin entre le président américain Donald Trump et M. Kim.

Lors de leur sommet en avril, ce dernier et le président sud-coréen Moon Jae-in avaient fait voeu "d'encourager une coopération et des échanges plus actifs" et de promouvoir la "coprospérité", nourrissant les espoirs de nouveaux projets transfrontaliers.

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