Siemens acte la scission de sa branche énergie, qu'il veut "sortir du charbon"

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Le PDG de Siemens Joe Kaeser (g) et son adjoint Roland Busch lors d'une conférence de presse à Munich, le 5 février 2020
Le PDG de Siemens Joe Kaeser (g) et son adjoint Roland Busch lors d'une conférence de presse à Munich, le 5 février 2020
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© AFP, Christof STACHE

AFP, publié le jeudi 09 juillet 2020 à 17h55

Le groupe industriel allemand Siemens a dévoilé jeudi son intention d'organiser la "sortie du charbon" de sa division énergie, activité historique du groupe, dont la scission a été actée en assemblée générale extraordinaire.

"J'ai demandé au conseil exécutif de Siemens Energy de me soumettre rapidement un plan de sortie du charbon", a indiqué le patron du groupe, Joe Kaeser, devant ses actionnaires, lors d'une assemblée générale organisée en ligne.

"Ce plan sera plus responsable que les revendications unilatérales de certains activistes, mais il sera certainement plus rigoureux que ce qui est souhaité par ceux qui traînent des pieds", a-t-il ajouté, sans donner de calendrier.

L'assemblée générale des actionnaires était réunie pour adopter le plan de scission de la filiale Siemens Energy, annoncé en mai 2019, qui prévoit une introduction en bourse de la filiale en septembre.

Ce plan a été adopté à 99,36% par les actionnaires, a indiqué le groupe.

Annoncée en grande pompe il y a un an, ce projet de scission avait fait l'effet d'un coup de tonnerre, le domaine de l'énergie étant l'activité historique de l'entreprise.

Elle s'inscrit dans la stratégie de Siemens de tourner le dos à l'industrie lourde, où le groupe munichois a ses racines, pour miser sur la vague du numérique dans l'industrie manufacturière.

"Maintenant, la voie est libre pour une entreprise indépendante, se consacrant uniquement à l'énergie", a commenté l'entreprise dans un communiqué.

- Minorité de blocage -

Concrètement, le groupe compte se séparer de 55% de ses parts dans sa filiale Siemens Energy, qu'il va distribuer à ses actionnaires.

Siemens restera un temps actionnaire principal, avant d'opérer de "nouvelles réductions significatives" de sa participation dans un délai compris entre "12 et 18 mois".

Mais l'entreprise gardera une minorité de blocage lui permettant de peser sur les décisions prises par son ancienne filiale.

Un pouvoir que compte bien utiliser le conglomérat, dans le cadre de la sortie du charbon proposé par son dirigeant.

Cette annonce s'inscrit dans un contexte de défiance en Allemagne vis-à-vis de l'entreprise, dans le viseur depuis plusieurs mois des écologistes pour ses activités dans les énergies fossiles.

En février, la participation du fleuron industriel allemand à la construction d'une mine de charbon à ciel ouvert controversée en Australie avait fait polémique, mobilisant de nombreux militants écologistes.

Selon le quotidien économique Handelsblatt, qui cite des sources internes à l'entreprise, le plan de sortie du charbon ne consisterait toutefois qu'en la non-participation à de nouveaux projets de constructions de centrales.

L'annonce de Siemens a lieu quelques jours après l'adoption par le parlement allemand d'un projet de loi visant à faire sortir du charbon d'ici 2038 l'Allemagne, grand consommateur de ce minerai.

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