Siemens nomme un nouveau patron après des années de restructuration

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Roland Busch, nouveau patron de Siemens, lors de l'AG virtuelle des actionnaires à Munich (sud de l'Allemagne), le 3 février 2021
Roland Busch, nouveau patron de Siemens, lors de l'AG virtuelle des actionnaires à Munich (sud de l'Allemagne), le 3 février 2021
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© AFP, Matthias Schrader, POOL

AFP, publié le mercredi 03 février 2021 à 18h27

Une page se tourne à la tête du groupe allemand Siemens: Joe Kaeser, PDG depuis sept ans, a cédé mercredi sa place à son numéro 2 Roland Busch, après un mandat marqué par une cure d'amaigrissement.

Le nouveau dirigeant a pris ses fonctions "à l'issue de l'assemblée générale des actionnaires", qui s'est déroulée virtuellement mercredi en raison du Covid-19, a indiqué le groupe dans un communiqué.

Nommé pour cinq ans en mars, Roland Busch, 56 ans, homme discret au profil technique et scientifique, était jusque-là le vice-président du directoire de l'entreprise.

"Notre entreprise est devant une décennie d'opportunités", a déclaré Roland Busch dans son premier discours aux actionnaires, après avoir rendu hommage à son prédécesseur.

Son entrée en fonction est entachée par l'annonce, mardi, d'un plan de suppression de 7.800 postes dans l'ex-filiale énergétique du groupe, Siemens Energy, dont il est encore actionnaire principal.

Cependant le nouveau PDG hérite d'une situation financière solide, même si l'exercice 2019/2020 a connu un recul dû à la crise sanitaire.

Siemens a fait état mercredi d'une forte hausse du bénéfice net au premier trimestre de son exercice décalé 2020/2021, à 1,5 milliard d'euros (+38%).

"Nous avons rendu Siemens robuste ces dernières années", s'est félicité Joe Kaeser.

- Contraction du chiffre d'affaires -

M. Busch prendra la tête d'un groupe qui a été bouleversé par son prédécesseur, comme rarement depuis sa création en 1847.

Comme l'ensemble des conglomérats industriels, aux activités larges et multiples, Siemens a dû s'adapter à une économie dans laquelle la spécialisation est devenue centrale.

Sous l'impulsion de son PDG, le groupe s'est concentré sur les secteurs innovants - l'industrie 4.0, les logiciels, l'automatisation - délaissant d'autres secteurs jugés moins rentables.

La taille du groupe s'est considérablement réduite : le chiffre d'affaires annuel, d'environ 76 milliards d'euros en 2013, est passé à 57,1 milliards d'euros en 2020. 

L'introduction en Bourse, en septembre, de la majorité des parts de Siemens Energy, activité historique du groupe, a particulièrement marqué les esprits.

Le conglomérat détient encore 35,1% des parts de cette division, et reste actionnaire principal de son ancienne filiale. Mais il devrait se délester de davantage de parts durant le mandat de M. Busch, pour devenir à terme minoritaire.

Siemens a également introduit en Bourse sa branche santé, Siemens Healthineers, en 2018, et cédé ses parts dans d'autres filiales, notamment Flender (composants industriels).

Pour réduire la voilure dans certains secteurs, l'entreprise a aussi mené de vastes plans de restructuration ces dernières années, supprimant plusieurs dizaines de milliers d'emplois.

Une stratégie critiquée par les syndicats, qui estiment que Siemens a trop pris en compte les demandes de ses actionnaires, alléchés par les cessions d'activité successives, au détriment de l'emploi.

Selon le groupe, le rendement des actions Siemens a "plus que doublé" depuis l'arrivée au pouvoir de Joe Kaeser en 2013.

"Nous espérons que Roland Busch éloignera Siemens d'une stratégie orientée vers la Bourse", a déclaré à l'AFP le syndicat allemand IG Metall, représentant les salariés du groupe.

- "Meilleure position" -

La politique du groupe risque "d'être la même", prévient toutefois Andreas Lipkow, analyste pour Comdirect.

M. Busch participe depuis longtemps aux décisions chez Siemens: il siège depuis 2011 au directoire du conglomérat, dont il occupait la vice-présidence depuis octobre 2019.

"Siemens est dans une meilleure position aujourd'hui qu'il y a quelques années", a affirmé ce dernier dans une interview au quotidien Süddeutsche Zeitung en décembre, défendant la politique de son prédécesseur.

Le conglomérat a relevé mercredi ses prévisions de croissance annuelle de "modérée" à "moyenne ou élevée" pour l'année 2021, malgré la crise du coronavirus qui pèse toujours et a plombé l'exercice 2019/2020.

Les activités numériques que le groupe allemand a gardées, notamment les logiciels et l'automatisation industrielle, portent désormais le groupe.

A l'issue de la journée, le cours du titre de Siemens a atteint son plus haut historique, à 136,00 euros, en hausse de 1,81% sur l'indice Dax de la Bourse de Francfort.

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