SNCF : 95% des cheminots contre la réforme du rail

SNCF : 95% des cheminots contre la réforme du rail©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 23 mai 2018 à 14h52

Le verdict test tombé et conforte la position des syndicats, qui reprochaient au patron de la SNCF d'avoir affirmé que les employés n'étaient pas favorables à la grève. Selon les résultats de la consultation syndicale lancée la semaine dernière, 94,97% d'entre eux sont opposés à la réforme du rail préparée par le gouvernement.

Le gouvernement et la direction de la SNCF estiment que ce vote n'est pas légitime, puisque le projet de loi réformant le système ferroviaire ne concerne pas seulement les salariés mais tous les Français. A l'inverse, les quatre forces représentatives brandissent ce résultat comme la preuve que l'écrasante majorité des cheminots reste hostile au texte en dépit de l'érosion des taux de grévistes enregistrés depuis le 3 avril.

Hostilité

La participation a d'ailleurs été assez forte : 91.068 cheminots, soit 61,15% d'entre eux, ont pris part à cette "vot'action" organisée du 14 au 22 mai. "Ce résultat, qui témoigne d'une hostilité incontestable des cheminots vis-à-vis du pacte ferroviaire en cours de discussion, doit être entendu", a déclaré le secrétaire général de la CGT-cheminots, Laurent Brun, lors d'une conférence de presse.

"Si le gouvernement reste ferme, droit dans ses bottes, il est possible que les grévistes fassent de même et que le conflit perdure", a-t-il ajouté, laissant planer la menace d'un prolongement du mouvement au-delà de son terme, le 28 juin. "Une réforme de cette ampleur-là ne peut pas se faire contre les salariés", a pour sa part averti Roger Dillenseger, de l'Unsa-ferroviaire.

Les syndicats devraient s'appuyer sur cet argument, à deux jours de leur prochain rendez-vous avec le Premier ministre, Edouard Philippe, qui doit faire des annonces, en particulier sur l'équilibre financier de la SNCF. Mais, pour l'exécutif, c'est aux parlementaires qu'il appartient de se prononcer sur le devenir du système ferroviaire.

S'asseoir sur le projet de loi ?

"Je pense qu'on ne peut pas s'asseoir sur le fait que 80% des députés ont voté le projet de loi à l'Assemblée le mois dernier et donc le débat va se poursuivre au Sénat", a balayé la ministre des Transports, Elisabeth Borne, invitée d'Europe 1. L'examen au Sénat débute mercredi en commission et le 29 mai en séance publique.

Dans un communiqué, la direction de la SNCF a souligné les conditions d'organisation du vote des cheminots, qui s'est tenu "en dehors de tout cadre légal" : "Ni isoloir pour garantir le secret du vote, ni présence d'huissiers ou de tiers permettant de garantir la sincérité de l'expression, ni listing coordonné des salariés pour éviter les votes multiples."

Mercredi, le taux de grévistes s'est élevé à 14,22%, selon les chiffres de la direction, au début du onzième épisode de mobilisation, avec une participation sous les 50% pour les conducteurs et les contrôleurs. Un Transilien sur deux circule, de même qu'un TER sur deux, trois TGV sur cinq, deux Intercités sur cinq et deux tiers des trains internationaux.

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