SNCF, Air France: grève et perturbations se poursuivent

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Des employés de la SNCF marchent sur un quai vide gare Montparnasse? le 23 avril 2018 à Paris au début d'une nouvelle grève de deux jours contre la réforme de la compagnie
Des employés de la SNCF marchent sur un quai vide gare Montparnasse? le 23 avril 2018 à Paris au début d'une nouvelle grève de deux jours contre la réforme de la compagnie
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© AFP, Christophe SIMON

AFP, publié le mardi 24 avril 2018 à 08h56

Les conflits à la SNCF contre la réforme ferroviaire et chez Air France pour les salaires ont encore bien mobilisé lundi, provoquant d'importantes perturbations de trafic, qui se reproduiront quasiment à l'identique mardi. 

Pour la première fois, les grèves par épisodes menées depuis plusieurs semaines dans les deux groupes tombent aux mêmes dates deux jours de suite.

Sur les rails, le cinquième épisode de grève devrait se traduire mardi par la circulation d'un TGV sur trois, soit un peu moins que lundi, a annoncé la SNCF. Avec également un Intercités sur trois, deux Transilien et TER sur cinq, et un train sur deux à l'international, le trafic sera pour le reste similaire à celui de la veille, selon les prévisions du groupe. En région parisienne, seule la moitié des RER A et B circuleront.

Le taux de grévistes s'élevait à 17,45% lundi en milieu de matinée, a indiqué le groupe ferroviaire. Il s'agit du taux le plus bas communiqué depuis le début du mouvement, début avril.

Cependant, la mobilisation des agents indispensables à la circulation des trains reste élevée, quoiqu'en baisse: 62,6% des conducteurs, 48,7% des contrôleurs et 24,4% des aiguilleurs.

- "Toujours très mobilisés" -

Dimanche, le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, a assuré que "la grève s'érode lentement" mais les syndicats contestent les chiffres annoncés et dénoncent la "manipulation" de la SNCF qui notamment comptabilise les cars de substitution comme des trains.

"Oui la grève, elle tient! Et le président Pepy n'est plus à une formule près!", s'est exclamé François Grasa de FO-Cheminots lundi, lors du congrès de Force ouvrière à Lille.

Les cheminots "sont toujours très mobilisés, très motivés", a affirmé depuis Bordeaux David Villegas de la CGT-Cheminots, dénonçant une "manière très politique de la direction de comptabiliser" les grévistes.

Dans ce contexte, le président de la République a répété qu'il n'amenderait pas son projet de réforme ferroviaire. Depuis les États-Unis, Emmanuel Macron a déclaré n'avoir "pas d'autre choix" que de poursuivre sur cette voie. "Si je m'arrête, comment est-ce que je pourrais moderniser le pays et anticiper l'avenir?", a-t-il dit dimanche à la chaîne Fox News.

Les cheminots n'entendent pas pour autant rendre les armes.

Plusieurs opérations "péages ouverts" ont été organisées en Nouvelle-Aquitaine lundi matin, à la sortie de Bordeaux en direction de Toulouse, entre Bayonne et Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), à Saintes (Charente-maritime) et dans les Landes, selon la CGT.

Au péage d'Hordain (Nord) dans le sens Paris-Bruxelles, une action similaire a été organisée pour "dire aux usagers que notre combat est commun", d'après Marc Lambert de SUD-Rail.

Présente au congrès FO, la maire socialiste de Lille Martine Aubry a apporté son soutien aux cheminots. "La bataille pour les services publics, c'est la mère de toutes les batailles et aujourd'hui, ça commence par la SNCF", a déclaré l'ancienne ministre de l'Emploi de Lionel Jospin.

- Intersyndicale mardi -

Le gouvernement qui veut mettre fin à l'embauche au statut et transformer la SNCF en société anonyme, notamment, se défend de vouloir privatiser l'entreprise. "Notre objectif est bien de préserver le modèle ferroviaire français", a répété lundi le secrétaire d'État à la Fonction publique, Olivier Dussopt. L'ancien député PS "ne croi(t) pas que la grève sera de longue durée", alors qu'une prolongation au-delà du mois de juin a été évoquée.

Les quatre syndicats représentatifs à la SNCF (CGT, Unsa, SUD et CFDT) aborderont le sujet lors d'une intersyndicale mardi.

Ils évoqueront aussi l'action en préparation pour contester les retraits de salaire imposés selon eux illégalement à certains grévistes. La CFDT-Cheminots va assigner la SNCF "cette semaine" devant le tribunal de grande instance de Bobigny, a dit à l'AFP son secrétaire général adjoint, Rémi Aufrère-Privel.

Autre probable sujet de discussion: le lancement imminent de la négociation interne à la SNCF sur la nouvelle organisation du travail et le futur socle social des cheminots.

Mardi, le trafic à Air France restera de nouveau perturbé en raison d'une onzième journée de grève pour les salaires. Alors qu'un avion sur quatre est resté cloué au sol lundi, la direction de la compagnie table sur une proportion quasi identique mardi, avec "près de 75%" des vols assurés.

Dans le détail, le groupe aérien mise sur le maintien de 70% des long-courriers, 65% des moyen-courriers et 80% des court-courriers. Le taux de grévistes est estimé à 27,2% pour les pilotes et 19,9% pour les hôtesses et stewards.

Pour sortir d'un conflit qui aura coûté "autour de 300 millions d'euros", lundi et mardi compris, la direction d'Air France a mis sur la table une augmentation générale des salaires de 2%, ainsi que 5% supplémentaires sur trois ans, une proposition rejetée par les onze syndicats grévistes. La direction va consulter l'ensemble des salariés sur ce projet d'accord.

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