SNCF : après le sursaut de la mobilisation, place au référendum

SNCF : après le sursaut de la mobilisation, place au référendum©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 15 mai 2018 à 06h27

La grève intermittente contre la réforme de la SNCF a connu lundi un sursaut pour le coup d'envoi du référendum interne organisé par certains syndicats farouchement opposés à la réforme du gouvernement... Le taux de trafic et de grévistes est en effet ressorti proche de ceux du début du mouvement du 3 avril dernier.

Hier, le trafic a été conforme presque partout aux prévisions de la direction de la SNCF, à savoir un TGV sur trois en moyenne, deux sur cinq pour les lignes internationales, un train Intercités sur cinq, un Transilien et un TER sur trois.

Journée sans cheminots

Avec 27,5% de grévistes au niveau national, toutes catégories confondues, au lieu de 14,4% mercredi dernier, pour cette journée promise "sans cheminots", les syndicats ont réussi à remobiliser ceux qui étaient en train de prendre leur distance avec le mouvement de grève. Concernant les agents indispensables aux fonctionnement des trains (conducteurs, contrôleurs, aiguilleurs) et contraints d'annoncer leurs intentions 48 heures à l'avance, 43% s'étaient ainsi déclarés grévistes pour lundi, contre 25,14% pour dimanche. "C'est un taux proche de celui atteint dans les premiers jours du mouvement", a admis une source proche de la direction de la SNCF.

Un compte-rendu qui fâche...

Il faut dire que la tension est remontée d'un cran ces derniers jours avec la révélation d'un compte rendu de réunion entre des services de la SNCF et le ministère des Transports : Les syndicats y ont vu une preuve de la volonté de la direction et du gouvernement d'ouvrir la porte à une privatisation d'une partie au moins de la compagnie nationale - ce que la direction de la SNCF et le gouvernement ont de nouveau démenti...

La SNCF a par ailleurs porté plainte pour une cinquantaine d'exactions constatées sur le terrain - ruptures de caténaires, blocage ou envahissement de voies - dans trois régions principalement (Hauts-de-France, Normandie et Grand Sud), a déclaré à Reuters Mathias Vicherat, le directeur général adjoint de la compagnie ferroviaire.

Plusieurs incidents

Le trafic a été totalement interrompu en début de matinée de lundi entre Paris et la Normandie après qu'un câble de fixation d'une caténaire eut été sectionné dans la nuit, dans l'Eure. Le trafic n'a pu reprendre sur ces lignes qu'à partir de 10h30, au rythme d'un train sur six, a précisé une porte-parole.

A Marseille, plus de 10.000 personnes ont été momentanément bloquées à la gare Saint-Charles après l'envahissement des voies par des grévistes et la rupture d'un câble d'alimentation, également qualifié d'"acte de malveillance" par la direction.

Selon Bruno Poncet, secrétaire fédéral de Sud-Rail interrogé par LCI, c'est une "réponse" au président de la SNCF Guillaume Pepy, "qui dit depuis plusieurs semaines que 80% des cheminots sont d'accord avec la réforme".

Début du référendum

Ce neuvième épisode de grève doit s'achever ce mardi à 8 heures... Cette grève intermittente est censée se poursuivre au moins jusqu'au 28 juin au rythme de 48 heures par tranche de cinq jours.

En attendant, les salariés de l'entreprise publique sont invités par les syndicats de cheminots CGT, Unsa, CFDT et Sud-Rail à se prononcer par référendum sur la réforme ferroviaire. Selon la CGT, cette consultation, que direction et gouvernement jugent sans légitimité, permettra de montrer que les cheminots sont majoritairement contre la réforme...

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