SNCF : il faudra "environ deux ans" pour retrouver le trafic d'avant la crise

SNCF : il faudra "environ deux ans" pour retrouver le trafic d'avant la crise
Jean-Pierre Farandou, SNCF.

Boursier.com, publié le vendredi 18 septembre 2020 à 10h45

"L'été s'est bien passé, mieux que ce que nous avions prévu au départ mais nous sommes un peu plus inquiets pour la clientèle affaires", a expliqué le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou...

Le retour à la normale n'est pas pour maintenant... Près d'un an après son arrivée à la tête de la SNCF, le PDG de la compagnie ferroviaire a dressé un bilan d'une période marquée par les grèves puis par la crise sanitaire. Dans un entretien accordé aux 'Echos', dévoilé jeudi, Jean-Pierre Farandou estime qu'il faudra "environ deux ans pour retrouver les courbes de trafic antérieures à la crise" du Covid-19.

"Les courbes repartent vers le haut, mais à vitesse lente. Sur les loisirs, l'été s'est bien passé, mieux que ce que nous avions prévu au départ mais nous sommes un peu plus inquiets pour la clientèle affaires, qui représente en temps normal 15% de nos clients et 30% de notre trafic TGV Inoui mais davantage en termes de contribution", a-t-il détaillé.

"Il nous manque des générateurs de trafic comme les grands salons professionnels, et le télétravail nous prive d'environ 10 à 15% de la clientèle affaires", a-t-il également expliqué, regrettant un recul de "30 à 40% par rapport à la normale" du trafic TER.

Simplification des tarifs

Mi-juin, le patron de la SNCF avait évalué les pertes : dans un entretien au 'Journal du Dimanche', il avait ainsi estimé que la crise du Covid-19 devrait coûter près de 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires de son entreprise. Si l'on ajoute celle liée aux grèves contre la réforme des retraites, estimée à un milliard d'euros, la perte pour la SNCF serait de quelque 5 milliards d'euros depuis décembre dernier.

Jean-Pierre Farandou a par ailleurs promis de réfléchir à une simplification des tarifs de l'entreprise ferroviaire, souvent critiqués pour leur complexité. "Nous devons réfléchir à une évolution de notre politique tarifaire, plus simple", a-t-il estimé, avant d'ajouter : "Même si objectivement, l'image ne reflète pas la réalité, la perception c'est que le TGV est cher et c'est un problème".

4 millions de billets vendus à petits prix

"Le prix moyen d'un billet de TGV est de 45 euros et cela a même tendance à baisser avec le développement de Ouigo. Cet été, nous avons vendu 4 millions de billets à petits prix. Mais une partie de notre clientèle qui achète ses billets au dernier moment les jours de grands départs n'a pas accès à nos meilleurs tarifs", a-t-il regretté.

"Dans les années 1990, avec l'essor du TGV, nous avons mis fin à la tarification kilométrique, pour nous inspirer du modèle aérien en faisant évoluer nos prix en fonction d'algorithmes qui étudient l'offre et la demande", a rappelé le patron de la SNCF. "Aujourd'hui, nous devons imaginer un nouveau mode de tarification, plus lisible. Nous devons prendre six mois à un an pour étudier sérieusement la question car la réponse nous engagera pour des années", a-t-il ajouté...

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