SNCF : le front syndical se fissure à propos de la grève

SNCF : le front syndical se fissure à propos de la grève©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 19 juin 2018 à 13h41

Les syndicats réformistes de la SNCF, CFDT et Unsa, ont rejeté mardi la proposition de la CGT de poursuivre la grève en juillet. Ils ont annoncé cette décision sans attendre l'intersyndicale qui doit en débattre dans la soirée. La fin du mouvement unitaire entamé le 3 avril est donc actée.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a estimé qu'il fallait poursuivre la mobilisation contre la réforme du ferroviaire au-delà du 28 juin, même si le projet de loi a définitivement adopté par le Parlement. "Tout se décide en intersyndicale, la proposition de la CGT, c'est que la grève se poursuive en juillet", a-t-il dit sur franceinfo à l'adresse des quatre syndicats représentatifs - CFDT, de la CGT, l'UNSA et Sud-Rail.

"La loi ne passe toujours pas"

"J'ai eu l'occasion d'assister à des assemblées générales de cheminots la semaine dernière, ils sont très remontés, outre le fait que la loi ne passe toujours pas", a-t-il dit citant notamment la question de la future convention collective nationale et celle du fret.

"La loi ne règle pas toute une série de problèmes que nous avons posés", a-t-il dit, souhaitant des concessions du gouvernement malgré l'adoption définitive du texte par le Parlement la semaine dernière. "On peut encore obtenir des reculs", a-t-il estimé.

Vendredi, l'Unsa rapportait que la CGT envisageait de prolonger la grève les 2, 6 et 7 juillet prochain. Mais Philippe Martinez s'est refusé mardi à confirmer dans le détail. Si Erik Meyer, secrétaire fédéral Sud Rail s'est montré favorable sur le principe à une poursuite de la grève, les réformistes excluent à ce stade d'aller au-delà du 28 juin.

Une décision "prématurée"

"Nous sommes engagés dans le mouvement jusqu'au 28 juin mais nous n'allons pas poursuivre en juillet", a dit à Reuters le secrétaire général adjoint de l'Unsa-ferroviaire, Florent Monteilhet. A la tête de la CFDT Cheminots, Didier Aubert a jugé "prématurée" la décision d'une poursuite du mouvement au-delà du 28 juin.

"Comme nous avons réussi à le faire avec la convention collective et une négociation la semaine dernière, nous espérons bien conclure avec la SNCF cette semaine pour nous il est prématuré de tirer des plans sur la comète sur le mois de juillet", a-t-il déclaré sur BFM TV.

"Il n'est pas question pour la CFDT de faire de la surenchère dès aujourd'hui", a-t-il ajouté, estimant qu'après les amendements obtenus sur la loi et les garanties apportées dans la convention collective, seule la négociation du pacte ferroviaire d'entreprise avec la SNCF continuait de représenter un "verrou".

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