SNCF: les cheminots appellent à une grève longue contre le projet du gouvernement

Chargement en cours
Manifestation de militants de Sud Rail contre la réforme de la SNCF Gare de Lyon à Paris, le 12 mars 2018
Manifestation de militants de Sud Rail contre la réforme de la SNCF Gare de Lyon à Paris, le 12 mars 2018
1/2
© AFP, GERARD JULIEN

AFP, publié le jeudi 15 mars 2018 à 21h20

L'intersyndicale des cheminots a opté jeudi pour un mouvement dur, une grève au rythme de "deux jours sur cinq" d'avril à juin, contre la réforme de la SNCF que l'exécutif entend mener tambour battant par ordonnances.

"L'intersyndicale constate que le gouvernement n'a aucune volonté réelle de négocier" et "porte la responsabilité (d'un) conflit intensif sur une très longue durée", a déclaré Laurent Brun, secrétaire national de la CGT Cheminots, principal syndicat de la SNCF, après plus de deux heures de réunion avec les trois autres syndicats représentatifs du groupe, l'Unsa, SUD-Rail et la CFDT Cheminots. 

C'est "une mobilisation innovante", a souligné Didier Aubert (CFDT Cheminots, 4e syndicat). La grève doit courir du 3 avril au 28 juin, c'est-à-dire comprendre les vacances de printemps et les différents ponts du mois de mai. En tout, la grève s'étalera sur 36 jours.

"Clairement, on attend une ouverture de la part du gouvernement (...) S'il veut éviter ça, c'est au gouvernement d'ouvrir des négociations", a insisté M. Aubert. 

De son côté, SUD Rail (3e) a précisé qu'il souhaitait que les salariés grévistes décident eux-mêmes en assemblée générale le 4 avril s'ils veulent une grève reconductible tous les jours ou "s'ils s'inscrivent dans ce calendrier". Le syndicat "posera un préavis de grève reconductible pour permettre aux salariés de décider", a indiqué à l'AFP son porte-parole Erik Meyer.

Estimant la grève "un peu décalée par rapport à la concertation qui est engagée" avec le gouvernement, le patron de la SNCF Guillaume Pepy a assuré au journal télévisé du soir de TF1 que c'était "une mauvaise nouvelle, une mauvaise chose pour les 4,5 millions de Français qui prennent le train tous les jours".

La ministre des Transports Elisabeth Borne a déploré sur BFMTV une "décision qui manifestement vise à pénaliser les usagers", la jugeant "incompréhensible".

Dans la matinée, les dirigeants de la SNCF lui avaient remis un "programme de travail" contenant sept piliers, bases du "projet stratégique" qu'ils doivent présenter en juillet. Le Premier ministre Edouard Philippe a demandé à la SNCF d'"aligner ses coûts sur les standards européens", quand "faire rouler un train en France coûte 30% plus cher qu'ailleurs".

M. Pepy avait expliqué qu'il comptait négocier avec ses troupes un "pacte d'entreprise", comme La Poste l'a fait en 2015.

- 'Peur des manifestations' -

Il avait cité les grands sujets qu'il comptait aborder d'ici l'été: encourager la polyvalence des métiers et "bâtir les métiers de demain", rendre l'organisation du travail plus souple notamment au plan local, renforcer la productivité industrielle, décentraliser le dialogue social et réduire les coûts.

Autant de sujets de friction avec des organisations syndicales, déjà échaudées par la présentation mercredi en conseil des ministres du projet de loi permettant le recours à des ordonnances pour accélérer la réforme du secteur ferroviaire. 

Le texte prévoit notamment "l'arrêt des recrutements au statut (de cheminot) des nouveaux agents", un casus belli pour les syndicats.

Mme Borne avait promis mercredi "un pacte social de haut niveau" à la SNCF et estimé jeudi qu'il y avait "beaucoup de sujets" devant "faire l'objet d'une concertation".

Pour le ministre des Relations avec le Parlement, Christophe Castaner, le risque de grève à la SNCF ne doit pas empêcher de réformer l'entreprise publique. Il a regretté que les gouvernements précédents aient reculé "par peur des manifestations".

Dénonçant un "plan de destruction que veut imposer le gouvernement", les députés de La France insoumise ont affirmé être disponibles "à toutes les initiatives d'union pour fortifier la lutte qui s'engage".

L'intersyndicale se reverra mercredi pour "établir plus précisément l'appel" à la grève. Le lendemain aura lieu à Paris  une manifestation nationale des cheminots, le même jour que les fonctionnaires. Selon M. Brun, "plus de 25.000" cheminots sont attendus à cette manifestation.

SUD Rail a déjà déposé seul un préavis de grève (du 21 mars à 20H00 au 23 mars à 08H00) pour "permettre aux cheminots de participer" à cette manifestation. La CGT prévoit aussi des préavis de grève locaux. Et en Ile-de-France, trois des quatre syndicats représentatifs à la RATP appellent à la grève le 22 mars pour soutenir les cheminots.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.

 
834 commentaires - SNCF: les cheminots appellent à une grève longue contre le projet du gouvernement
  • avatar
    patou4713 -

    une fois de plus les grevistes vont se tromper de cible et c'est le simple citoyen qui sera "pris en otage" et enquiquine surement pas macron . et une fois de plus les syndicats achetés negocieront avec le gouvernement ras le bol de ces pseudos mouvements qui n'enmerdent que le peuple et pas les pseudos dirigeants

  • avatar
    patou4713 -

    une fois de plus les grevistes vont se tromper de cible et c'est le simple citoyen qui sera "pris en otage" et enquiquine surement pas macron . et une fois de plus les syndicats achetés negocieront avec le gouvernement ras le bol de ces pseudos mouvements qui n'enmerdent que le peuple et pas les pseudos dirigeants

  • avatar
    marc3osalbris -

    comme en general il y souvent plusieurs heures de retard la il y aura deux jours je ne croie pas que les usages cautionnerons il ne faut surtout rien changer surtout pour lesresponsables syndicaux qui ne font que ca

  • avatar
    Kaktus007 -

    Je sais que ce n'est pas facile de s'opposer a la politique de destruction/réforme de ce gouvernement mais deux jours de grève pendant trois mois ça va plus emmerder les usagers que Macron et son équipe , mais si ils arrivent a fait sauter le verrou la politique antisociale de ce gouvernement en aura pris un sacré coup. Les grandes batailles ne sont jamais synonymes de confort et celle là il faut absolument la gagner pour tous les salariés de ce pays toujours en première ligne pour payer les erreurs de nos politiques . Nous le voyons bien l'argent coule a flot dans de nombreux secteurs et les amis de notre président ,une crise doit être supportée par tous et les politique doivent commencer par montrer l'exemple et c'est loin d'être le cas c'est même écoeurant de les voir se foutre de nous ,un retraité !

  • avatar
    CatonAncien -

    16.03.18 08:53

    N'étant ni pro Martinez, ni membre de la CGT, ni cheminot, on est d'autant plus à l'aise pour apporter un soutien indéfectible au combat des cheminots déterminant pour mettre un terme à la dictature et au saccage de toute la protection sociale..

    A bientôt viendra le tour de ceux qui se croient non concernés en se laissant enfumer par la propagande concertée des marcheurs

    On leur rappelera que ce qu'ils veulent supprimer par ordonnance ce ne sont pas les "avantages indus" que les posteurs aux ordres stigmatisent pour faire avaler la pilule c'est le statut qui avait été mis en place en ... 1920 par les compagnies privées pour garder les cheminots formés.

    La suppression de ce statut permettra ainsi aux sociétés privées de piquer les techniciens formés par la SNCF sans avoir à assumer le coût de leur formation et la concurrencer sur les lignes TGV rentables en laissant les petites lignes déficitaires.