SNCF : les cheminots font planer la menace d'un durcissement de la grève

SNCF : les cheminots font planer la menace d'un durcissement de la grève
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Boursier.com, publié le vendredi 06 avril 2018 à 09h15

Plus de six heures de table ronde, et pas d'avancée... Le conflit semble s'enliser à la SNCF : les syndicats de cheminots reçus jeudi par la ministre des Transports, Elisabeth Borne, ont quitté la négociation sur un constat d'échec, estimant n'avoir progressé sur aucun des points à l'ordre du jour. Les syndicats CGT, CFDT, Unsa, Sud-Rail et FO, étaient présents, dans une ambiance "plutôt tendue", selon des participants.

Plusieurs leaders syndicaux ont prédit un durcissement de la grève face à un gouvernement déterminé à jouer la montre sans négocier sur le fond. "Nous sommes donc fondés à dire que cette réunion a été une véritable mascarade dans laquelle la ministre s'est contentée de critiquer ou de faire des remarques sur les propositions des organisations syndicales, sans apporter elle-même de propositions et de contenu", a déclaré Laurent Brun, de la CGT Cheminots. "Nous sommes donc extrêmement déçus de cette réunion et extrêmement mécontents que les revendications des cheminots n'aient pas été entendues".

Pas de débat

Une nouvelle table ronde entre les syndicats et la ministre des Transports est prévue ce vendredi. "Aujourd'hui il n'y a plus de débats avec les organisations syndicales, le gouvernement renvoie au débat avec les parlementaires", a dit Eric Santinelli, de Sud Rail.

"Le gouvernement refuse de repartir à zéro", a-t-il ajouté, alors que les principales dispositions ont commencé à être adoptées en commission à l'Assemblée nationale. "Le gouvernement, l'Etat avancent à marche forcée pour essayer de nous asphyxier", a renchéri Roger Dillenseger, secrétaire général de l'Unsa Ferroviaire. "Le mouvement social risque bien de se durcir."

Les syndicats demandent au gouvernement de soulager la SNCF d'une partie au moins de ses 47 milliards d'euros de dette. Sur ce point, ils disent n'avoir rien obtenu sur ce point non plus. Le gouvernement estime en effet que cette question se posera dans un second temps seulement, une fois que la compagnie ferroviaire aura entamé sa mue - le Premier ministre, Édouard Philippe, l'a répété jeudi sur France Inter.

Aucune avancée ?

Qu'il s'agisse de l'ouverture à la concurrence ou du transfert des personnels, les syndicats n'ont constaté "aucune avancée de la part du gouvernement donc on est bien loin des négociations qui sont annoncées", a rapporté pour sa part François Grasa, de Force ouvrière.

Après deux jours de grève en début de semaine, une partie des cheminots devrait de nouveau cesser le travail pendant deux jours à partir de dimanche. Selon un sondage Odoxa réalisée avec Dentsu Consulting pour France Info et le Figaro, 57% des Français jugent que ce mouvement de grève n'est "pas justifié".

Une autre enquête Elabe réalisée pour Les Echos, Radio Classique et l'Institut Montaigne montre que les trois quarts des sondés (76%) estiment que l'ouverture à la concurrence des lignes de train sera "une bonne chose pour les usagers".

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