SNCF : vers une grève reconductible pour Pâques ?

SNCF : vers une grève reconductible pour Pâques ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 15 mars 2018 à 07h38

Après la présentation, mercredi en conseil des ministres, de la loi d'habilitation permettant la réforme de la SNCF par ordonnances, l'intersyndicale de la SNCF soit se réunir ce jeudi pour préparer la riposte à cette réforme qu'elle rejette. Aujourd'hui également, le patron de la SNCF Guillaume Pépy, doit présenter la feuille de route...

Un bras de fer en vue

Les quatre syndicats représentatifs à la SNCF (CGT, Unsa, CFDT, SUD-rail) devraient lancer un appel à la grève, mais il leur reste à s'accorder sur la date et les modalités de leur action. Des sources syndicales évoquaient mercredi un mouvement de grève pendant le week-end de Pâques (1er avril), ou les jours suivants...

SUD Rail s'est ainsi prononcé pour une "grève reconductible et dure face à un gouvernement dur et inflexible", tandis que la CFDT, plus prudente, annonce "une mobilisation des cheminots" et que l'Unsa évoque "un bras de fer".

La CGT Cheminots a indiqué dès mardi, après avoir rencontré le Premier ministre Edouard Philippe, que l'intersyndicale pourrait décider d'"une grève reconductible par période de 24 heures ou sous une autre forme".

Suppression du statut de cheminot pour les nouveaux entrants

La réforme de la SNCF prévoit la suppression du statut des cheminots pour les nouvelles embauches (un sujet considéré comme un "casus belli" pour les syndicats), l'évolution du statut d'établissement public vers une société anonyme par actions, et l'ouverture des lignes à la concurrence en 2020.

Les contrats de travail des agents actuels seront maintenus en l'état, ainsi que leurs avantages en nature (billets quasi-gratuits).

Journée de mobilisation dès le 22 mars

Parallèlement au mouvement social propre à la SNCF, les appels à la grève et aux manifestations se multiplient également pour jeudi prochain, 22 mars dans plusieurs secteurs. Cet appel a été initiée début février par sept syndicats de fonctionnaires, qui protestent contre la réforme prévue dans la fonction publique.

Mais d'autre catégories de salariés les ont rejoints, dont les cheminots de la SNCF (à l'appel des 4 syndicats représentatifs, rejoints par FO), les agents de la RATP, et même les pilotes de Hop!, filiale d'Air France à l'appel de 3 syndicats. Le lendemain, 23 mars, une grève de pilotes est aussi prévue chez Air France sur des revendications salariales...

"Ça ne s'arrêtera ni demain, ni le mois prochain"...

La détermination de l'exécutif à réformer sera donc mise à l'épreuve ces prochaines semaines. Lors de son voyage en Inde, le président Emmanuel Macron a répété sa volonté de poursuivre la transformation en profondeur de la France. "Ça ne s'arrêtera ni demain, ni le mois prochain, ni dans les trois mois", a-t-il déclaré au sujet des réformes.

Pour l'instant, le président semble disposer d'un soutien assez élevé dans l'opinion publique, qui dans sa majorité ne soutient pas la grève là la SNCF et se dit favorable à l'abandon du statut des cheminots, selon un récent sondage.

Les Français favorables aux réformes

Concernant le rythme global des réformes, un sondage de l'institut Elabe publié le 28 février montrait que les Français approuvaient à 44% le rythme adopté par l'exécutif. Et 20% supplémentaires voulaient même que les choses avancent plus vite. 35% de nos concitoyens affirment quant à eux que la marche est "trop rapide".

Pourtant, dans le même sondage près de la moitié des Français (47%) estimaient que la priorité du gouvernement devait être "d'apaiser la société même si cela signifie reporter à plus tard certaines réformes"...

Le spectre du grand blocage de 1995

Certains observateurs soulignent des parallèles entre la situation actuelle et celle de 1995 , lorsqu'Alain Juppé, alors Premier ministre de Jacques Chirac, avait été confronté à une grève très dure dans les transports, qui l'avait obligé à retirer son plan de réforme des retraites et de la Sécurité sociale.

D'autres, dont le patron de la SNCF, Guillaume Pépy, excluent une situation de blocage total semblable à celle qui avait paralysé la France il y a 23 ans : à l'époque, la SNCF avait cristallisé un ras-le-bol généralisé de la société, alors qu'actuellement, l'image de la compagnie de chemin de fer a été largement écornée auprès de ses usagers après des décennies de sous-investissement dans le réseau, même si ceux-ci ne sont imputables aux salariés de la SNCF...

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.

 
455 commentaires - SNCF : vers une grève reconductible pour Pâques ?
  • avatar
    duraille -

    Pour avoir un mai 2018 il faut que les étudiant s'y mettent ,car le privé est trop égoïste de râleurs et de jaloux , dans le privé ce sont des gens qu'on achète rapidement .
    J'ose espère que Macron après avoir pris ces mesures , prendra des réformes sérieuses pour le privé , c'est vrai cela sera plus facile pour lui face a ces moutons.

    avatar
    EddyDonmarcel -

    Ma parole, mais vous connaissez ma sœur, ben si, c’est obligé, parce qu’il y a une trentaine d’années elle me disait la même chose.
    « Tu travailles toujours et tu ne te plains jamais, tu finiras par te faire baiser, tu es un vrai mouton » me disait elle.
    Elle me disait aussi, « moi, je ne me laisse pas faire, quand mon chef me demande de faire des heures supplémentaires ou de travailler le soir ou le week-end, je l’envoie chier », et oui, elle a du caractère ma soeur.
    Nous sommes issu d’une famille pauvre, nous avons connu la misère, je me souviens de certains soirs d’hiver ou ma mère nous servait de la soupe aussi transparente que de l’eau, ou nous mangions, mes frères, mes sœurs et moi même avec nos manteaux et nos bonnets.
    Alors, faut dire que je faisais profil bas. Ben oui, quand j’ai quitté l’école, je n’avais aucun diplôme ni même aucune formation, alors pendant mes premières années dans la vie active, j’ai accepté tous les boulots que l’agence d’intérim me proposait. Aucun n’était valorisant, certains étaient même un peu dégradants, tous étaient mal rémunérés, et pourtant je n’ai jamais raté une seule journée.
    La première année, qu’il neige, qu’il vente, qu’il pleuve, j’avais qu’un vieux cady pour aller travailler et pourtant je n’ai jamais raté une seule journée.
    J’ai décroché mon 1er CDI au bout de 3 ou 4 ans, mon boulot consistait à faire l’entretien et les menues réparations dans une gigantesque menuiserie industrielle. Mon patron cherchait juste un gars courageux et un peu démerde et il en avait déduit que je devais être le type qu’il recherchait en lisant mon CV.
    A force de me montrer disponible et sans avoir les yeux rivés sur la pendule, j’ai gravi tous les échelons.
    J’ai démissionné je ne sais plus combien de fois, parce que je n’avais plus de perspective d’avenir dans l’entreprise ou parce que je voulais découvrir de nouveaux horizons, mais jamais un patron ne m’a poussé à le faire, en fait c’était uniquement par ambition.
    J’ai déménagé dans 5 régions différentes pour ne jamais manquer de travail et construire ma carrière.
    A chaque fois, mon épouse a également démissionné bien qu’elle avait souvent des CDI et que nous avions 3 enfants à charge.
    Nous avons acheté notre 1ère maison un mois de juin, nous avons emménagé au mois d’août et au mois de novembre, nous démissionnions et nous déménagions à plus de 200 km.
    A force de volonté, de ténacité, de persévérance et de détermination à 27 ans j’étais cadre et à 32 ans j’étais cadre dirigeant.
    A 36 ans, mon épouse est retournée sur les bancs de la fac pour apprendre un nouveau métier lié à la santé.
    Il y a une dizaine d’années, pour financer la création de mon entreprise, avec mon épouse nous avons vendu notre unique bien, notre maison, bien que nous avions encore nos enfants à charge.
    Au début j’étais seul, je devais tout faire, certaines semaines je faisais 70h.
    Les 8 premiers mois je n’ai pas pu me verser de salaire, les 8 mois suivants, mon salaire horaire était inférieur à 4 €.
    Aujourd’hui, j’ai 19 salariés mais j’enchaîne toujours au minimum 50h de boulot par semaine.
    A chaque nouvelle épreuve professionnelle, nous avons fait des sacrifices et des concessions importantes dans l’espoir que le bout du bout sera encore meilleur, et aujourd’hui nous n’avons aucun regret, par contre nous avons une certitude, si nous ne l’avions pas fait, nous aurions énormément de regrets.
    Mais vous savez de quoi je suis le plus fier ; c’est d’avoir financer les études supérieures de mes 3 enfants dans des grandes écoles privées.
    Il n’y a pas de communes mesures entre ce que l’on risque de perdre faute de n’avoir pas essayé et ce qu’on perd en échouant.
    La vie est trop courte pour attendre de l’aide d’un hypothétique politicien ou pire, d’un syndicaliste démagogique, qui n’ont, l’un comme l’autre aucune notion d’économie moderne (A part peut être E.Macron) ; et passer son temps à se plaindre au lieu d’agir pour son bien être.
    Pour surmonter les obstacles, il faut une seule chose, de la volonté, le reste c’est du blablabla, pire ce sont de fausses excuses pour ne pas le faire.
    Pour conclure, ma sœur est sans boulot depuis au moins 10 ans et bizarrement elle ne me traite plus de mouton.
    J’en déduis donc qu’un mouton est un être courageux et sociable, qui n’attend rien des autres et je vous laisse imaginer ce que sont les autres.

  • avatar
    dotmee -

    Bravo si beaucoup de Français avaient fait comme vous, ils ne pourraient pas crier qu'ils sont au chomedu par manque de courage.

  • avatar
    david6857 -

    J'espère que notre gouvernement ne cédera pas devant la dictature syndicale. Devant les menaces on ne peut que espérer que l'ouverture à la concurrence arrive le plus rapidement possible.

  • avatar
    Wasp33 -

    Macron a jeté la S.N.C.F en pâture aux français, et apparemment ça marche, après il pourra tout à loisir se retourner contre les hurleurs car plus rien ne l'arrêtera

  • avatar
    gitanos38 -

    Et pendant ce temps les seigneurs de l'assemblée se pavanent et ricanent bande de naze!!