Sony acquiert EMI Music, accentue la stratégie de renforcement de ses droits multimédias

Sony acquiert EMI Music, accentue la stratégie de renforcement de ses droits multimédias
Logos de Sony et EMI

AFP, publié le mardi 22 mai 2018 à 05h49

Le groupe japonais Sony a annoncé mardi l'acquisition d'EMI Music Publishing, société spécialisée dans l'édition musicale qui dispose d'un catalogue de plus de deux millions de titres, de Queen à Pharrell Williams, un exemple de la stratégie de renforcement des droits multimédias que veut poursuivre le nouveau PDG du groupe nippon.

Sony, qui détient déjà une part minoritaire dans EMI via une de ses filiales, a signé un accord avec le fonds d'investissement Mubadala, basé à Abou Dhabi, pour lui racheter les 60% qu'il possède. A l'issue de la transaction, d'un montant de 1,9 milliard de dollars (1,6 milliard d'euros), il contrôlera indirectement environ 90% d'EMI Music Publishing, selon un communiqué.

"Je suis ravi que EMI Music Publishing rejoigne notre famille", a déclaré le nouveau patron de Sony, Kenichiro Yoshida, lors d'une conférence de presse à Tokyo de présentation des objectifs du groupe.

"Le marché de la musique a connu diverses fortunes, mais il se relève ces dernières années grâce aux offres de streaming (musique en flux via internet). Pour profiter au mieux des droits de propriété intellectuelle sur les musiques, il faut la quantité et la qualité. Le rachat d'EMI est en ce sens un investissement qui renforce la position de Sony comme meneur de l'industrie musicale", a insisté M. Yoshida.

EMI Music Publishing est la deuxième compagnie d'édition musicale au monde avec un chiffre d'affaires de 663 millions de dollars. Cette firme bien connue des mélomanes gère notamment les pointures que sont Queen, Kanye West, Pink, Pharrell Williams, et de grands noms du jazz ou d'autres genres.

La transaction, dont la date de conclusion n'est pas encore déterminée, reste soumise à l'autorisation des autorités de la concurrence.

Cette opération représente "un jalon important pour notre croissance de long terme", a souligné M. Yoshida. Elle vient enrichir le très riche catalogue musical de la société d'édition Sony/ATV et de la maison de disque Sony Music Entertainment, qui comprend 2,3 millions de titres, dont les Beatles. 

En 2016, Sony avait renforcé sa position dans Sony/ATV en rachetant pour 750 millions de dollars les parts détenues par Michael Jackson via ses héritiers.

- La vision Morita -

Le PDG Yoshida poursuit la stratégie de son prédécesseur Kazuo Hirai, où les contenus (musiques, jeux, cinéma) jouent un rôle croissant.

"Les droits qui nous intéressent concernent les domaines de la musique, la vidéo, les jeux, l'animation", a déclaré M. Yoshida, qui dirige Sony depuis un mois.

L'expression "renforcer les droits de propriété intellectuelle" a sans doute été la plus employée durant sa présentation de 30 minutes.

Sony se donne aussi la mission de former de jeunes artistes pour assurer l'extension de son patrimoine de droits musicaux.

Pour les jeux, il a notamment souligné la nécessité de "poursuivre une relation de confiance avec les créateurs tiers et davantage utiliser les droits d'exploitation". Sony jouit non seulement d'un bon succès avec sa console PlayStation 4 (PS4), mais se félicite surtout de la popularité de la plateforme de jeux et autres contenus en ligne, PlayStation Network (PSN), qui compte chaque mois quelque 80 millions d'utilisateits actifs.

L'animation est aussi considérée comme un domaine clef "avec un modèle de développement particulier", alliant aux contenus de multiples produits dérivés. Sony a aussi récemment décidé de prendre une part de 39% dans la société qui gère les droits de Snoopy.

En agissant de la sorte, M. Yoshida n'opère pas un changement majeur mais augmente le poids de l'immatériel dans l'offre globale de Sony. La volonté de proposer à la fois les appareils (caméras, magnétoscopes, TV, consoles, smartphones etc.) et les contenus (musique, films, animations, jeux) était déjà dans la tête d'un des fondateurs de Sony, Akio Morita. C'est ce qui a notamment conduit dès les années 1980 au rachat de maisons de disques et studios de cinéma.

La réaction des investisseurs à cette première conférence de presse de M. Yoshida en tant que PDG était cependant plutôt négative, l'action ayant perdu jusqu'à 3,71% dans la matinée. Elle ne cependant plus que 0,57% à la reprise après la pause du déjeuner.

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