Sous la pression, Ford "suspend" sa décision de fermer l'usine de Blanquefort

Sous la pression, Ford "suspend" sa décision de fermer l'usine de Blanquefort
manif des salariés en 2017

Boursier.com, publié le mercredi 17 octobre 2018 à 14h47

Nouveau rebondissement dans le dossier Ford à Blanquefort... Le constructeur américain a "suspendu" sa décision de fermer son usine en Gironde, quelques heures seulement après avoir pourtant confirmé son refus du plan de reprise de l'équipementier belge Punch Powerglide.

Faute d'accord sur un repreneur, le groupe américain entend arrêter ses activités fin 2019, menaçant de chômage les 847 salariés du site mais le ministre de l'Economie et des Finances a réaffirmé sur Radio classique qu'il "ne lâcherai(t) rien" sur ce dossier.

"Je n'ai aucune garantie à l'heure où je vous parle mais ce que je peux vous dire c'est que la décision de Ford, qui était arrêtée la semaine dernière, c'était de fermer définitivement le site de Blanquefort à Bordeaux et que depuis mon intervention (auprès de l'administration Trump et du président de Ford) la décision est suspendue", a déclaré Bruno Le Maire.

"Ford va regarder les autres options donc nous continuons à échanger", a-t-il ajouté en précisant qu'il s'était notamment entretenu avec le secrétaire américain au Trésor, Steve Mnuchin, le principal conseiller économique du président Donald Trump, Larry Kudlow, ainsi que le président exécutif du constructeur automobile, Bill Ford.

De son côté, le maire (Les Républicains) de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, Alain Juppé, a dénoncé mercredi l'attitude de Ford. "Cette entreprise nous mène en bateau. Je la soupçonne en réalité d'avoir pris depuis longtemps la décision de partir et de mettre la clef sous la porte", a-t-il dit sur RTL.

Hauts et bas

Les espoirs et les déceptions se succèdent dans ce dossier pour les salariés. Lors de sa précédente visite dans l'usine il y a trois semaines, Bruno Le Maire avait pourtant apporté de bonnes nouvelles aux salariés... Il avait déclaré espérer voir aboutir les négociations entre Ford, qui entend se séparer de Blanquefort d'ici la fin de l'année 2019, et Punch, spécialisé dans la fabrication de composants automobiles et repreneur de l'usine de boîtes de vitesse que détenait General Motors à Strasbourg. Le ministre avait fixé la fin du mois d'octobre comme date butoir pour trouver une solution...

Les collectivités locales et l'Etat se sont engagés lundi à investir 5 millions d'euros, dont trois millions d'euros pour des mesures de chômage technique qui seraient nécessaires et deux millions d'euros pour investir et moderniser le site, a précisé Bruno Le Maire.Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, a ajouté que Bordeaux Métropole et la Région Nouvelle-Aquitaine présidée par Alain Rousset se sont engagées à apporter ensemble 12,5 millions d'euros pour "imposer" une reprise...

Usine ouverte en 1972

Ford, qui a pris la décision de ne plus investir dans cette usine ouverte en 1972, a lancé fin juin un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) en parallèle à la recherche d'un repreneur...

Les négociations sont toujours en cours et les membres du Comité d'entreprise se battent pour obtenir des améliorations importantes dans les mesures proposées en cas de fermeture. La dernière réunion serait fixée au 18 décembre...

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