StopCovid : seuls 2% des Français ont activé l'application

StopCovid : seuls 2% des Français ont activé l'application
cédric O numérique

Boursier.com, publié le mercredi 17 juin 2020 à 14h42

"Aujourd'hui, vu la faiblesse de l'épidémie, l'utilité de l'application est relative", a reconnu le secrétaire d'État au Numérique Cédric O...

StopCovid ne séduit définitivement pas... Lancée le 2 juin dernier, l'application de traçage de contacts contre le Covid-19, voulue par le gouvernement, a été activée par 1,7 million d'utilisateurs, selon les chiffres obtenus par 'franceinfo' auprès du secrétariat d'Etat au Numérique. Cela correspond à un peu plus de 2% de la population française.

Le 11 juin dernier, l'outil mis en place pour aider au suivi de contacts dans le cadre de la lutte contre l'épidémie de coronavirus comptait 1,5 million d'utilisateurs. "Aujourd'hui, vu la faiblesse de l'épidémie, l'utilité de l'application est relative", a ainsi avoué Cédric O.

Le secrétaire d'Etat au Numérique l'avait pourtant affirmé : l'efficacité de l'application, qui permet à un utilisateur qui se découvre contaminé au Covid-19 d'alerter automatiquement tous les autres utilisateurs qu'il a croisés dans les deux semaines écoulées, dépend fortement du nombre de personnes qui l'utilisent. Le gouvernement considère que l'efficacité de l'outil est démontrée à partir de 10% d'utilisateurs...

Soupçons concernant la collecte des données

A titre comparatif, en Allemagne, l'application de traçage lancée mardi dernier a déjà été téléchargée 6,4 millions de fois, selon le ministère de la Santé. En France, StopCovid ne séduit pas pour plusieurs raisons. L'application française fonctionnant grâce au Bluetooth a généré dernièrement de nombreux soupçons en matière de récolte des données personnelles. Comme l'a révélé Mediapart cette semaine, l'outil conserverait plus d'informations sur les personnes croisées par ses utilisateurs que ce que l'on pensait.

Alors que l'application n'est censée envoyer sur le serveur que les informations concernant deux personnes qui se seraient croisées à moins d'1 mètre durant 15 minutes, elle enverrait en réalité des informations sur toutes les personnes croisées et disposant de l'information, peu importe la distance et le temps, comme l'a découvert le chercheur à l'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria) Gaëtan Leurent.

Le gouvernement ne nie pas

Cédric O n'a d'ailleurs pas démenti ces informations et précise à 'Mediapart' que "tous les quarts d'heure, un nouvel identifiant est attribué à chaque appareil". "Ainsi, un contact qui ne durerait que 5 minutes pourrait être la suite d'un contact de 12 minutes : deux contacts que seul le serveur est capable de relier pour comprendre qu'il s'agit, en réalité, d'un seul, de 17 minutes, donc à risques", a-t-il expliqué. La Commission nationale informatique et libertés (Cnil) a de son côté indiqué que des contrôles étaient "en cours".

Outre ces enjeux autour des données personnelles, l'ONG Anticor a saisi la justice pour des soupçons de favoritisme dans l'octroi à une filiale de Dassault Systèmes du contrat de maintenance de l'application, dont le coût est estimé entre 200.000 et 300.000 euros par mois, selon l'association...

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