Sursis américain sur l'acier: la France demande une exemption "permanente"

Sursis américain sur l'acier: la France demande une exemption "permanente"
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian au Caire, le 29 avril 2018

AFP, publié le mardi 01 mai 2018 à 18h21

La France a demandé mardi une exemption "permanente" aux taxes américaines sur l'acier et l'aluminium, après la décision de la Maison Blanche d'accorder un nouveau sursis d'un mois à ses principaux alliés, dont l'Union européenne (UE).

La France "prend acte" de la décision de Washington et "continuera à plaider pour que l'UE bénéficie d'une exemption totale, permanente et non conditionnée", ont indiqué dans un communiqué conjoint le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

"Aucune raison ne justifie que l'UE soit soumise à des augmentations unilatérales de droits de douanes sur l'acier et l'aluminium", a encore estimé le gouvernement français, rappelant que la France et l'Union européenne n'étaient pas "à l'origine des surcapacités mondiales en aluminium et en acier".

Le président américain Donald Trump a promulgué le 8 mars des tarifs de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium tout en exemptant immédiatement le Canada et le Mexique. Fin mars, il a en outre exempté provisoirement l'UE. 

La Maison Blanche a consenti lundi soir à prolonger jusqu'au 1er juin cette période d'exemption provisoire, évitant ainsi une escalade dans le conflit commercial.

La France s'est dite prête à travailler avec les États-Unis et ses autres partenaires "pour apporter des solutions rapides et appropriées" au problème de surcapacité dans le secteur de l'aluminium et de l'acier.

"Mais nous ne pourrons le faire sereinement que lorsque nous serons certains d'être exemptés de manière permanente de la menace de hausses tarifaires unilatérales", précise encore le communiqué. 

Les Européens ont déjà prévenu que s'ils se voyaient frappés de droits de douane, des mesures de représailles visant des produits emblématiques américains seraient imposées. En retour, Donald Trump avait évoqué d'autres taxes punitives, notamment contre le secteur stratégique de l'automobile de l'Allemagne, dont les excédents commerciaux exaspèrent le locataire de la Maison Blanche.

De son côté, le président d'ArcelorMittal France, Philippe Darmayan, interrogé par l'AFP, a estimé que la décision ce mardi du président américain était une "bonne nouvelle" car elle montre que "les discussions continuent" mais que le sujet était "beaucoup plus vaste".

"Il est sur l'arrêt de cette politique de fermeture de frontières que Donald Trump envisage et qui risque de créer un déséquilibre complet sur le marché de l'acier, qui est un marché très international", a-t-il expliqué.

"Si les Asiatiques se ruent sur le marché européen et que le marché européen reste le seul marché ouvert dans le monde, c'est un retour à une situation similaire en 2015, qui a été une situation très difficile avec des prix très déprimés", a-t-il rappelé.

"C'est une situation qu'on a connue et qu'on n'a pas envie de revoir", a encore assuré M. Darmayan. 

Le géant mondial de la sidérurgie ArcelorMittal avait connu une année 2015 compliquée, en raison notamment de la chute des prix de l'acier et du minerai de fer et des excédents de production chinois.

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