Suspension de Donald Trump : "ce n'est pas à Twitter de réguler" estime Bruno Le Maire

Suspension de Donald Trump : "ce n'est pas à Twitter de réguler" estime Bruno Le Maire
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie

Orange avec Boursier.com, publié le lundi 11 janvier 2021 à 12h37

"La régulation est nécessaire, mais doit se faire par le peuple souverain, par les Etats et par la justice", a estimé le ministre de l'Economie.

"La régulation est nécessaire, mais doit se faire par le peuple souverain, par les Etats et par la justice", a estimé le ministre de l'Economie.

Twitter a définitivement banni Donald Trump de sa plateforme... Après les événements qui ont eu lieu au Capitole la semaine dernière, le réseau social a effet décidé de suspendre "de façon permanente" le compte "@realDonaldTrump", considéré comme l'un de ses principaux canaux de communication. Réagissant à cette décision, le ministre français de l'Economie a estimé ce lundi que "ce n'était pas aux géants du Web de réguler l'espace numérique".

"Ce qui me choque" dans la fermeture du compte Twitter de Donald Trump, "c'est que ce soit Twitter qui ferme", a ainsi expliqué Bruno Le Maire sur 'France Inter', estimant que "larégulation des gens du numérique ne peut pas se faire par l'oligarchie numérique elle-même".

"L'oligarchie digitale est une des menaces qui pèsent sur les Etats et sur les démocraties... La régulation est nécessaire, mais doit se faire par le peuple souverain, par les Etats et par la justice", a développé le locataire de Bercy, qui estime par ailleurs que l'attaque du Capitole par des militants pro-Trump est "le produit des mensonges de monsieur Trump".

"Un peu court d'un point de vue démocratique"

"La fermeture du compte de Donald Trump par Twitter, si elle peut se justifier par une forme de prophylaxie d'urgence, n'en pose pas moins des questions fondamentales", avait de son côté déjà réagi le secrétaire d'Etat au numérique Cédric O sur Twitter...

"La régulation du débat public par les principaux réseaux sociaux au regard de leurs seuls CGU , alors qu'ils sont devenus de véritables espaces publics et rassemblent des milliards de citoyens, cela semble pour le moins un peu court d'un point de vue démocratique", a-t-il poursuivi, avant d'ajouter : "Au-delà de la haine en ligne, nous avons besoin d'inventer une nouvelle forme de supervision démocratique".

Donald Trump, premier chef d'Etat à être banni de Twitter

Pour rappel, la plateforme de microblogging a annoncé ce week-end avoir décidé de suspendre le compte du président sortant, suivi par plus de 88 millions de personnes, en arguant d'un "risque d'une nouvelle incitation à la violence" suite à l'assaut sur le Capitole à Washington lancé par des partisans du président.

Donald Trump, qui avait fait de Twitter son principal canal de communication ces quatre dernières années, est le premier chef d'Etat à se voir ainsi banni du réseau social. De leur côté, Facebook, Instagram, Snapchat ou encore Twitch ont aussi suspendu pour une durée indéterminée les comptes du locataire de la Maison Blanche...

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