Taxe d'habitation : le mouvement "balance ton maire" crée des remous

Taxe d'habitation : le mouvement "balance ton maire" crée des remous©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 15 octobre 2018 à 17h40

La polémique se poursuit entre l'exécutif et les maires, alors que plusieurs communes ont décidé en cette rentrée d'augmenter leur taxe d'habitation, plongeant le gouvernement dans l'embarras. La suppression progressive de cet impôt pour 80% des Français est en effet l'une des mesures phare du gouvernement, qui promet aux Français un gain de pouvoir d'achat.

Sur 35.400 communes françaises, près de 6.200 ont augmenté leur taux cette année, contre 7.300 en 2017, alors que le gouvernement avait souhaité une diminution de 30%. Ce dernier a donc décidé de diffuser la liste des villes concernées, provoquant la colère de l'Association des maires de France (AMF), qui lui a demandé vendredi des excuses.


Pas de sujet ?

Mais le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin assume complètement. "Les taux d'impôt qui sont votés lors des conseils municipaux sont des délibérations publiques, il n'y a aucun sujet sur ce point", a-t-il déclaré lundi lors d'un déplacement à Argenteuil, dans le Val d'Oise.

La polémique ne s'arrête pas là : les internautes ont été invités la semaine dernière à dénoncer sur Twitter les hausses des taux de la taxe d'habitation avec la mention "balancetonmaire", en référence au mouvement "balancetonporc", visant à dénoncer des agressions sexuelles.

Il faut assumer

Mais le mouvement lancé par des membres La République en marche (LaRem) sur Twitter ne fait pas l'unanimité dans ses propres rangs. C'est une "erreur", a estimé lundi le président du groupe LaRem à l'Assemblée nationale, Gilles Le Gendre, sur BFMBusiness. Il précise toutefois qu'à partir du moment où les maires continuent d'avoir le pouvoir de fixer les taux et les montants de cette taxe, ils doivent "assumer" leurs "responsabilités" face à la déconvenue de leurs électeurs.

La vice-présidente du groupe, Amélie de Montchalin, juge aussi que ce mouvement est "stupide" et "ridicule". Elle défend, en revanche, l'initiative de Gérald Darmanin. "Il n'y a pas de chasse aux maires, c'est une façon d'être transparent (de savoir ce qui est) du ressort de l'Etat, ce qui est du ressort de l'élu local", a-t-elle dit su CNews.

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