Taxe sur les multinationales : Bercy veut qu'Amazon s'y plie aussi

Taxe sur les multinationales : Bercy veut qu'Amazon s'y plie aussi©Boursier.com

Orange avec Boursier.com, publié le mercredi 09 juin 2021 à 14h45

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire veut que le géant américain soit véritablement imposé sur les activités pour lesquelles il fait des surprofits, en segmentant ses activités.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire veut que le géant américain soit véritablement imposé sur les activités pour lesquelles il fait des surprofits, en segmentant ses activités.

Les sept pays les plus riches du monde, réunis au sein du G7, ont décroché un accord historique le weekend dernier pour augmenter la taxation des plus grandes multinationales. L'idée est d'instaurer un impôt minimum mondial d'au moins 15% sur les bénéfices des sociétés. Une telle mesure vise particulièrement les grandes valeurs technologiques, dont les pratiques d'optimisation fiscale leur permettent à ce jour d'échapper largement à la taxation.

Des géants comme Facebook, Apple, ou encore Alphabet sont visés, mais certains observateurs craignent que des entreprises comme le géant de l'e-commerce Amazon échappent aux taxes car ses marges sont inférieures à celles de la plupart des autres grands noms des techs.

Surprofit et marges

"Amazon doit être dedans. On ne fait pas un impôt mondial sur les sociétés à 15% au moins pour que les plus grands géants du digital comme Amazon y échappent", a affirmé Bruno Lemaire sur RMC et BFMTV mercredi.

"Le problème avec Amazon c'est qu'il y a une partie de ses activités qui ne dégage pas ce qu'on appelle un surprofit de plus de 10% et ce sont toutes les activités de livraison sur lesquelles les marges sont plus faibles. Et il y a une autre activité, le cloud, sur laquelle Amazon fait des surprofits très importants", a expliqué Bruno Le Maire.

Selon lui, la solution tient "dans la segmentation des activités d'Amazon". "Je souhaite que nous segmentions les activités d'Amazon pour que tout ce qui est profitable fasse bien l'objet de cette taxation digitale et que ce qui, à l'inverse, est moins profitable ne fasse pas l'objet de la taxation minimale", a détaillé le ministre.

Plusieurs obstacles

Bruno Le Maire estime qu'il reste "trois enjeux très difficiles sur le chemin de cette fiscalité internationale plus juste et plus efficace". Il faudra d'abord "que la Chine donne son feu vert au G20", a-t-il indiqué.

Ensuite, "il faut que ce taux de 15% soit un taux minimal, et nous essaierons avec d'autres partenaires européens d'aller plus loin que ces 15%. Et troisième enjeu, il faut que tous les géants du digital sans exception soient dans le champ de cette taxe", a poursuivi Bruno Le Maire.

Le jackpot ?

Selon les calculs de Bercy, le premier pilier de la réforme sur la taxation mondiale des géants du numérique permettrait à la France de percevoir "entre 500 millions et 1 milliard d'euros par an" contre "400 millions aujourd'hui avec la taxe nationale". L'imposition minimale sur les sociétés à 15% rapporterait plusieurs milliards d'euros.

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