Télécoms : jusqu'à 60% des effectifs de SFR bientôt en chômage partiel ?

Télécoms : jusqu'à 60% des effectifs de SFR bientôt en chômage partiel ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 24 mars 2020 à 16h08

Les syndicats dénoncent l'opportunisme de l'opérateur, alors que les boutiques peuvent rester ouvertes malgré le coronavirus, et que les abonnements mobiles et internet fournissent un revenu récurrent au secteur.

L'opérateur télécoms SFR prévoit de mettre en chômage partiel jusqu'à 60% de ses effectifs face aux conséquences de l'épidémie de coronavirus, selon les informations de l'agence de presse Reuters, qui cite des représentants syndicaux.

La France a lancé un plan de soutien massif de 45 milliards d'euros, permettant notamment aux entreprises de réduire ou suspendre temporairement l'activité de leurs salariés, en leur versant une indemnisation prise en charge en partie par l'Etat. Quelques jours après la mise en place de ce dispositif, 730.000 salariés français bénéficient déjà du chômage partiel, selon des chiffres diffusés mardi.

Effet d'aubaine ?

Mais chez les syndicats, la décision de la filiale française d'Altice Europe est accueillie avec méfiance. "Il y a manifestement un effet d'aubaine, un opportunisme", estime Xavier Courtillat, délégué syndical central CFDT chez SFR, qui se dit choqué que l'opérateur fasse appel à l'argent public pour payer les salaires. "Notre métier par essence est moins impacté que d'autres", ajoute le représentant syndical.

Les magasins des opérateurs télécoms sont autorisés à rester ouverts pendant la période de confinement décrétée par les autorités françaises pour limiter la propagation de l'épidémie.

Par ailleurs, les abonnements mobiles et internet fournissent un revenu récurrent à SFR et ses concurrents Orange, Bouygues Telecom (Bouygues) et Free (Iliad) dont les réseaux sont fortement sollicités par des Français contraints pour beaucoup de rester chez eux.

Entre 40 et 50% des effectifs

Dans un message interne consulté par Reuters, Grégory Rabuel, directeur général de SFR, confirme avoir décidé de recourir au dispositif, sans préciser le nombre de salariés concernés. "Nous avons décidé de recourir au chômage partiel à compter du 23 mars pour un grand nombre d'entre vous ou plus progressivement pour certains sur une partie de nos activités", explique le directeur général dans le courrier.

Reuters cite aussi une source proche de la direction de SFR, qui précise que la proportion des équipes en chômage partiel se situe entre 40% et 50%.

"L'ensemble des salariés sont médusés par rapport à ce comportement : on attend des explications sur le fond comme sur la forme", a déclaré Abdelkader Choukrane, un représentant de l'Unsa, premier syndicat chez SFR.

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