Télétravail : le patron de la CGT propose d'instaurer "des amendes" en cas de non-respect

Télétravail : le patron de la CGT propose d'instaurer "des amendes" en cas de non-respect©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 10 novembre 2020 à 13h59

"Il faut des contrôles, il faut dire très clairement que le télétravail n'est pas une option", a estimé le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez...

Alors que les discussions sur le télétravail reprennent ce mardi entre syndicats et patronat, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a proposé d'instaurer "des amendes" en cas de non-respect des règles. Depuis plusieurs jours déjà, le gouvernement tente, entre recommandations et injonctions, de faire augmenter le nombre d'entreprises appliquant l'activité à distance pour lutter contre la deuxième vague de Covid-19.

Mais selon le patron de l'organisation syndicale, pour vérifier que les entreprises mettent effectivement en pratique le télétravail, "il faut des contrôles". "Il faut dire très clairement que le télétravail n'est pas une option", a-t-il insisté sur 'franceinfo'.

"Et ensuite s'il le faut", le leader syndical propose d'instaurer "des amendes, quand on ne respecte pas les règles. Vous et moi on est punis, pourquoi ça ne marcherait pas de la même façon pour les entreprises ?".

Le gouvernement "n'a pas été clair"

Pour Philippe Martinez, le gouvernement "n'a pas été clair" sur la question du télétravail, estimant que Emmanuel Macron "dans une de ses premières interventions télévisées a fait du télétravail une option". Le secrétaire général de la CGT a toutefois "noté un durcissement du ton" de la ministre du Travail.

En effet, Elisabeth Borne n'a eu de cesse de rappeler que le travail à distance n'était pas une option, mais bien une obligation durant le reconfinement. Alors que des salariés continuent de se rendre sur leur lieu de travail, la ministre avait également prévenu début novembre qu'il pouvait y avoir des sanctions en cas de non-respect.

Dernièrement, Total s'est fait épingler pour avoir incité, dans une note envoyée à ses salariés de ses sièges et bureaux, à venir travailler en présentiel "deux jours par semaine", évoquant la nécessité de se rendre au travail pour accomplir des tâches collectives comme les réunions de comités de management, alors même que 270 cas de Covid-19 ont été recensés chez les salariés du siège de La Défense depuis le 1er septembre.

Absence d'accord sur le télétravail

Le patron de la CGT a déploré l'absence "d'accord", qui est pourtant réclamé "depuis des mois". "Ça a traîné avec un Medef qui traîne des pieds - le cadre n'est pas précis, ça pose des questions, il faut effectivement des moyens pour télétravailler", a estimé Philippe Martinez.

Dans un entretien au 'Point' publié ce mardi, le secrétaire d'Etat aux Retraites et à la Santé au travail Laurent Pietraszewski a également tenu à rappeler que "le télétravail est une obligation cinq jours sur cinq" et appelé les employeurs à associer le Comité social et économique (CSE) pour le déploiement du travail à distance.

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