Télétravail : trop d'entreprises ne jouent pas le jeu, selon Laurent Berger

Télétravail : trop d'entreprises ne jouent pas le jeu, selon Laurent Berger
Laurent Berger CFDT

Boursier.com, publié le jeudi 05 novembre 2020 à 14h30

"Il y a trop de chefs d'entreprise qui ont dit : 'On va rester à un ou deux jours de télétravail par semaine comme depuis quelques mois'", explique le secrétaire général de la CFDT...

Le deuxième confinement, plus souple que le premier instauré au printemps dernier ? "Ce qui est sûr, c'est qu'il n'a rien à voir avec le premier", a estimé le secrétaire général de la CFDT au micro de 'Sud Radio' ce jeudi. Interrogé sur la gestion du Covid-19 en France, Laurent Berger a évoqué un manque de fermeté avec lequel certaines entreprises ont considéré ce reconfinement, notamment sur la question du télétravail.

"Dans le domaine qu'est le mien, le travail, on a trop d'endroits où c'est difficile de faire appliquer le télétravail", a-t-il expliqué, mettant en cause des chefs d'entreprise réticents, alors que pour lutter contre la Covid-19 il faut "qu'on tende à 100% de façon temporaire".

"Il y a trop de chefs d'entreprise qui ont dit : 'On va rester à un ou deux jours de télétravail par semaine comme depuis quelques mois'", a-t-il poursuivi, alors que "dans chaque entreprise, les instances de représentation du personnel et la direction doivent se réunir et négocier pour tendre vers le 100% télétravail".

Les salariés aussi en cause

"Dans certaines, cela a déjà été le cas, comme chez Total où la direction n'était pas favorable au télétravail quotidien. Mais elle a été rattrapée par la patrouille, c'est-à-dire par les syndicats, et aujourd'hui le télétravail y est généralisé", s'est félicité Laurent Berger.

Mais selon le chef de file de la CFDT, les salariés ont aussi leur part de responsabilité : "Un peu tout le monde", a-t-il déclaré. "Les salariés n'ont pas envie, moi aussi, je vais vous le dire franchement, j'ai pas envie d'être à 100% en télétravail non plus", a-t-il confié, or la seule chose "qu'il faut avoir en tête, c'est la question sanitaire".

Des sanctions dès la semaine prochaine

Les hôpitaux sont "en grande difficulté, avec des cas graves qui arrivent", a rappelé Laurent Berger, qui recommande ainsi de " respecter les règles sanitaires, et s'en tenir aux règles sanitaires" temporairement "si l'on veut que ça baisse".

La ministre du Travail Elisabeth Borne avait par ailleurs prévenu que des sanctions pourraient être prises à l'encontre des patrons réfractaires. Selon une information de 'BFMTV', les premières devraient tomber dès la semaine prochaine. Les sanctions devraient être proportionnées à la situation, en fonction du risque encouru par les salariés, de la situation de l'entreprise et son activité et de la qualité de son dialogue social.

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