Tensions entre Facebook et la Thaïlande après le blocage d'un groupe pro-démocratie

Tensions entre Facebook et la Thaïlande après le blocage d'un groupe pro-démocratie
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Boursier.com, publié le mardi 25 août 2020 à 16h28

Après avoir été contraint par le gouvernement thaïlandais de fermer un groupe très populaire consacré au mouvement pro-démocratie, le réseau social a indiqué qu'il comptait "contester" cette décision contraire "au droit international"...

Facebook monte au créneau en Thaïlande... Après avoir été contraint par le gouvernement thaïlandais de fermer un groupe Facebook très populaire consacré au mouvement pro-démocratie en cours dans le royaume, le géant des réseaux sociaux a annoncé ce mardi qu'il prévoyait de "contester" cet ordre.

Le groupe privé en question, baptisé "Royalist Marketplace", avait été créé au mois d'avril et comptait plus d'un million de membres. Le réseau social dit avoir été "obligé" de bloquer cette page sous la pression du gouvernement, qui affirme que cette dernière hébergeait des contenus diffamatoires pour le régime.

Ainsi, dans la soirée de lundi, la page faisait apparaître un message indiquant que "l'accès à ce groupe a été restreint en Thaïlande suite à une demande du ministère de l'Economie et de la Société numériques". Cette décision intervient alors que le pays fait face à une vague de manifestations depuis le mois de juillet contre le gouvernement jugé illégitime, dirigé par l'ancien chef de la junte militaire, mais aussi la monarchie.

Des demandes qui "contreviennent au droit international"

Selon 'The Guardian', le 10 août dernier, le gouvernement avait donné à Facebook environ deux semaines pour se conformer à cet ordre, au risque de se voir infliger une amende de 6.300 dollars par jour, en accord avec la loi sur la criminalité informatique du pays.

Mais pour Facebook, les demandes du gouvernement thaïlandais "contreviennent au droit international des droits humains et ont un effet dissuasif sur la capacité des gens à s'exprimer", a affirmé un porte-parole du géant américain. "Nous travaillons pour protéger et défendre les droits de tous les internautes et nous nous préparons à contester légalement cette demande", a-t-il expliqué.

Le créateur du groupe "Royalist Marketplace", Pavin Chachavalpongpun, universitaire vivant désormais au Japon et critique de la monarchie, a dit regretter la décision du réseau social d'avoir cédé à la pression du gouvernement. "Notre groupe fait partie d'un processus de démocratisation, c'est un espace pour la liberté d'expression", a-t-il affirmé à l'agence de presse 'Reuters'.

Des lois de lèse-majesté

"En faisant cela, Facebook coopère avec le régime autoritaire pour faire obstacle à la démocratie et cultiver l'autoritarisme en Thaïlande", a-t-il ajouté. Le nouveau groupe du même nom, créé par Pavin Chachavalpongpun, comptait déjà plus de 455.000 membres ce mardi.

A noter que la monarchie est un sujet très sensible dans le pays. En Thaïlande, le roi et sa famille sont notamment protégés par une loi de diffamation très sévère, avec des peines allant jusqu'à 15 ans de prison. Les lois thaïlandaises de lèse-majesté sont souvent à l'origine de telles demandes de blocage ou de suppression de contenu sur les réseaux sociaux...

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