Tesla: les ennuis s'accumulent, le patron s'épanche et le titre chute

Tesla: les ennuis s'accumulent, le patron s'épanche et le titre chute
Le pdg de Tesla, Elon Musk, à Washington, le 19 juillet 2018

AFP, publié le samedi 18 août 2018 à 07h31

Le titre du constructeur automobile Tesla a fortement chuté vendredi alors que les ennuis s'accumulent pour le fabricant de voitures électriques et son imprévisible patron Elon Musk, qui s'est longuement confié au New York Times sur son état d'épuisement et de stress.

A la Bourse de New York, l'action Tesla a fini en baisse de 8,93%. 

Le PDG-fondateur du groupe doit jongler dans l'immédiat entre un tweet controversé qu'il a écrit début août, la révélation dans les médias de plusieurs enquêtes du gendarme américain de la Bourse ainsi que la plainte d'un ancien employé. 

Des problèmes qui s'ajoutent aux importantes difficultés de production sur sa nouvelle voiture phare.

"L'année écoulée a été l'année la plus difficile et la plus douloureuse de ma carrière (...). C'était atroce", a confié Elon Musk dans un entretien au New York Times, qui le décrit comme "passant du rire aux larmes" au cours de la conversation et s'étranglant à plusieurs reprises sous le coup de l'émotion.

Paraissant épuisé au cours de l'interview, le PDG de 47 ans affirme travailler 120 heures par semaine, ne pas avoir pris plus d'une semaine de vacances depuis 2001 et manquer des événements familiaux. 

Il a aussi révélé qu'il prenait des somnifères puissants pour trouver le sommeil.

Les problèmes de Tesla ont pris une nouvelle dimension quand M. Musk a dans un tweet le 7 août, en pleine séance, évoqué son intention de retirer Tesla de la cote et assuré avoir un "financement assuré" pour cette opération. Le titre avait bondi de 11% le même jour. Il a perdu près de 20% depuis.

Le gendarme américain de la Bourse, la SEC, voudrait savoir si ces informations étaient bien réelles et aurait envoyé une demande formelle en ce sens, signe de l'ouverture d'une enquête officielle. 

L'autorité aurait aussi, selon le Wall Street Journal, envoyé des requêtes aux membres du conseil d'administration de Tesla pour savoir dans quelle mesure ils étaient au courant du projet de M. Musk.

Le PDG de Tesla affirme ne pas "regretter" cette annonce qui rompt avec les usages en matière de communication financière, invoquant une tentative de transparence. Il assure vouloir continuer à communiquer sur Twitter.  

- Plainte -

Reste que ce tweet n'est pas le seul sujet sur lequel la SEC a ouvert une enquête: le Wall Street Journal a aussi révélé jeudi que le gendarme boursier se demande depuis l'an dernier si les informations transmises aux actionnaires au sujet des problèmes de production du Model 3 n'étaient pas fallacieuses.

Depuis le lancement de cette nouvelle voiture censée lui ouvrir les portes du grand public, Tesla ne parvient pas à augmenter la cadence aussi rapidement que prévu, déclenchant d'importants retards de livraison.

A ces enquêtes de la SEC s'est ajoutée l'annonce d'une plainte d'un ancien salarié de Tesla déposée le 9 août auprès de l'autorité des marchés financiers.

Selon Karl Hansen, qui travaillait au sein d'une division chargée de la sécurité interne jusqu'en juillet, Tesla aurait notamment espionné des salariés en piratant leurs téléphones portables et leurs ordinateurs. 

Contacté par l'AFP, Tesla assure toutefois que les accusations de M. Hansen "ont été prises très au sérieux" quand il les a portées à l'attention du groupe. 

- "Le pire est à venir" -

"Je pensais que le pire était passé, je pensais que c'était fini", a dit Elon Musk au New York Times. "Le pire est passé d'un point de vue opérationnel" pour Tesla "mais du point de vue de la douleur personnelle, le pire est encore à venir."

M. Musk s'en est également pris aux investisseurs qui spéculent sur la baisse du cours de Tesla, expliquant qu'ils étaient responsables "d'une grande partie de son stress".

Selon le journal américain, Tesla tente de trouver un numéro deux à Tesla afin de "soulager M. Musk de certaines pressions".

Le principal intéressé a assuré qu'il ne comptait pas abandonner ses fonctions à la tête de Tesla. Mais a ajouté: "Si quelqu'un peut faire mieux que moi, tenez-moi au courant. Il peut avoir le poste."

Une partie du problème, selon Roger Kay de Endpoint Technologies Associates, est la capacité de M. Musk "à rester concentré". "Il est seul et il a de multiples compagnies. Chacune d'entre elles a besoin de l'attention unique d'un dirigeant", souligne-t-il.

Un retrait de M. Musk pourrait d'ailleurs être très dommageable pour Tesla selon Art Hogan, stratège en chef pour B. Riley FBR, car "une grande partie de sa valeur est intrinsèquement liée à son fondateur".

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