TikTok relance la bataille de communication contre Donald Trump

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TikTok, accusé d'espionnage par le gouvernement de Donald Trump, a renforcé sa campagne de communication américaine lundi avec un nouveau site web pour combattre les "rumeurs" et poursuivi son expansion en signant un accord avec une société de distribution de musique
TikTok, accusé d'espionnage par le gouvernement de Donald Trump, a renforcé sa campagne de communication américaine lundi avec un nouveau site web pour combattre les "rumeurs" et poursuivi son expansion en signant un ...
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© AFP, Lionel BONAVENTURE

AFP, publié le mardi 18 août 2020 à 10h36

TikTok, accusé d'espionnage par le gouvernement de Donald Trump, a renforcé sa campagne de communication américaine lundi avec un nouveau site web pour combattre les "rumeurs" et poursuivi son expansion en signant un accord avec une société de distribution de musique.

"Etant donné les rumeurs et la désinformation sur TikTok qui prolifèrent à Washington et dans les médias, nous voulons rétablir la vérité", dit le très populaire réseau social sur son site, sous le slogan "le dernier coin de soleil de l'Internet".

Le président américain accuse depuis des mois, sans preuve, la plateforme de partage de vidéos de siphonner les données des utilisateurs américains au profit de Pékin.

Il a signé deux décrets visant à forcer ByteDance, le propriétaire chinois de TikTok, à vendre rapidement les opérations américaines du réseau, sous peine de le bloquer aux Etats-Unis.

"TikTok n'est pas disponible en Chine. Les données des utilisateurs américains sont stockées en Virginie avec une sauvegarde à Singapour", assure la société. "TikTok n'a jamais fourni aucune donnée américaine au gouvernement chinois, et ne le ferait pas si on le lui demandait".

Dans un contexte de fortes tensions commerciales et politiques avec la Chine, le locataire de la Maison Blanche a déjà pris il y a dix jours des mesures radicales à l'encontre du réseau très fréquenté par les plus jeunes: il lui a interdit, d'ici à 45 jours, toute transaction avec un partenaire américain.

Vendredi, il a signé un deuxième décret pour obliger ByteDance à vendre les activités américaines de TikTok d'ici 90 jours.

"Depuis près d'un an, nous avons cherché à discuter avec le gouvernement américain pour trouver une solution", avait réagi TikTok. "Mais nous nous sommes retrouvés face à une administration qui n'accorde aucune importance aux faits, ne respecte pas les procédures légales et tente de s'immiscer dans des négociations entre des entreprises privées".

Microsoft est en négociations avancées pour racheter l'application.

Selon l'agence Bloomberg, le groupe informatique Oracle est désormais aussi sur les rangs.

Le spécialiste américain des logiciels a engagé des démarches préliminaires auprès d'autres parties, dont la société de capital-risque Sequoia Capital, pour s'associer à elle dans une offre pour les opérations de l'application aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande, écrit Bloomberg, citant des sources ayant requis l'anonymat.

- En avant la musique -

TikTok ne ménage pas ses efforts depuis des mois pour démontrer que son identité et ses pratiques sont solidement ancrées aux Etats-Unis.

Le 1er juin, Kevin Mayer, l'ancien responsable des plateformes de streaming de Disney (Disney+, Hulu et ESPN+), a pris la tête de la plateforme.

Lundi, sa société a annoncé un accord passé avec UnitedMasters, une société de distribution de musique, pour permettre aux artistes du réseau de diffuser leurs morceaux directement depuis l'application vers les services de streaming, comme Apple Music, Spotify ou YouTube.

"Si vous êtes musicien, TikTok est le meilleur endroit pour que votre musique devienne virale et UnitedMasters est le meilleur endroit pour la faire exister dans la durée, tout en conservant les droits sur votre travail", a détaillé Steve Stoute, le patron de UnitedMasters.

"En combinant les deux, nous créons la plateforme pour les stars de demain, qui seront célèbres, ultra-indépendantes et riches".

TikTok a construit son succès sur des outils de création et partage de vidéos courtes, décalées, jouant sur la musique et l'humour, et diffusées par des algorithmes en fonction des goûts de chacun et non des contacts.

"Nous sommes ici pour longtemps", avait déclaré début août Vanessa Pappas, responsable de sa branche Etats-Unis, dans une vidéo enjouée sur l'application, à l'attention des utilisateurs.

Elle s'était aussi dite "fière" des 1.500 employés américains et avait promis de créer "10.000 emplois additionnels dans ce pays au cours des trois prochaines années". 

La plateforme de divertissement compte près d'un milliard d'utilisateurs dans le monde. Sa popularité s'est encore renforcée à la faveur des mois de confinement.

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