Transports : les TER ont coûté 8,5 milliards d'euros en 2017

Transports : les TER ont coûté 8,5 milliards d'euros en 2017
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Boursier.com, publié le mercredi 23 octobre 2019 à 15h25

La Cour des comptes a établi un diagnostic inquiétant de ce mode de transport, qui est devenu le plus coûteux de France.

Les TER sont trop coûteux et fonctionnent mal... Telles sont les conclusions du rapport consacré aux trains express régionaux de la Cour des comptes. "Le bilan réalisé entre 2012 et 2018 sur les TER fait apparaître des constats préoccupants : baisse de la fréquentation, dégradation de la qualité de service, augmentation des coûts d'exploitation", peut-on lire dans ce document publié mercredi.

Selon les calculs des Sages de la rue Cambon, le coût total de ce mode de transport, en incluant les coûts d'exploitation, les investissements, le régime de retraite des cheminots ou encore les coûts environnementaux, atteint environ 8,5 milliards d'euros en 2017.

Cela représente un coût moyen par voyageur au kilomètre de 61 centimes d'euros. "Cela fait du TER le mode de transport le plus coûteux, à l'exception du taxi à un ou deux voyageurs", d'après le rapport.

Dégradation de la qualité de service

Les magistrats pointent surtout du doigt la "qualité de service insuffisante". Même si quelques efforts ont été observés concernant le renouvellement du matériel roulant et sur la rénovation du réseau ferré et des gares (avec un investissement de 3,3 milliards d'euros et 2,1 milliards respectivement entre 2012 et 2017), le "mauvais état des infrastructures" et les travaux qui impactent sur la ponctualité des trains posent encore problème.

Par ailleurs, la Cour des comptes rappelle que les coûts du TER sont couverts à 88% par des subventions publiques, les clients n'en payant que 12%, soit environ un milliard d'euros.

"Cette situation tient aux politiques tarifaires mises en oeuvre par les régions, qui ont continuellement réduit la participation des clients au coût du service. C'est en particulier le cas des abonnés, qui bénéficient chacun, en moyenne, d'environ 12.000 euros de subvention publique par an", expliquent les magistrats.

Baisse de la fréquentation

Malgré des dépenses accrues pour les TER, le rapport note une baisse de la fréquentation, en particulier des clients occasionnels entre 2012 et 2016. Ce repli serait lié à la concurrence de nouveaux modes de transport "notamment du covoiturage et des transports interurbains", ainsi qu'à "la diminution de la population dans certains territoires, ou encore la baisse des prix des carburants survenue entre 2012 et 2016 qui a favorisé l'usage du véhicule individuel".

Un léger rebond a toutefois été observé en 2017. Interrogé à ce sujet par 'Le Figaro', Frank Lacroix, directeur général en charge du TER chez SNCF Mobilités, affirme avoir lancé "un plan de transformation en 2016 qui porte ses fruits". "Depuis, on a regagné plus de clients qu'on en avait perdu entre 2012 et 2016", a-t-il ajouté.

Pour rappel, les trains express régionaux transportent chaque jour environ 900.000 voyageurs (à titre de comparaison, les transiliens en comptent 3,2 millions par jour).

En retard pour l'ouverture à la concurrence

Le rapport appelle également SNCF Mobilités et les régions à se préparer à la concurrence prévue à l'horizon 2023. "La France n'a pas fait le choix d'ouvrir à la concurrence le TER concomitamment à la régionalisation, contrairement à l'Allemagne et la Suède. Elle a donc laissé l'exploitant ferroviaire national en position de monopole", ont expliqué les magistrats.

Ils conseillent notamment de renforcer les compétences de leurs services, par exemple, en recourant davantage à "des profils d'expertise technique, juridique et financière".

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