Travailleurs détachés : les syndicats ne sont pas convaincus

Travailleurs détachés : les syndicats ne sont pas convaincus©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 24 octobre 2017 à 12h24

Emmanuel Macron a salué dans la nuit de lundi à mardi l'"accord ambitieux" conclu entre les ministres européens du Travail et des Affaires sociales sur les travailleurs détachés... Mais cet enthousiasme n'est pas partagé par les syndicats : les secrétaires généraux de la CGT et de Force ouvrière (FO) ont estimé mardi que l'accord allait dans le bon sens mais ne réglait pas le problème.

L'accord reprend la proposition française de limiter à 12 mois la durée maximale du détachement mais avec dérogation possible pour six mois supplémentaires. Il prévoit le maintien du paiement des cotisations sociales dans le pays d'origine mais garantit aux salariés détachés une égalité de rémunération, primes comprises, dans le respect des conventions collectives, avec leurs collègues du pays d'accueil. Seul le salaire minimum de ce dernier leur était jusqu'alors garanti...

Moins pire...

"C'est moins pire qu'avant", a commenté le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, à l'issue d'une rencontre avec la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, sur les réformes à venir sur la formation professionnelle et l'apprentissage. "On a enfin reconnu qu'à travail égal, il fallait un salaire égal." "Mais on n'a pas réglé le problème des cotisations" ni celui des transports routiers, a-t-il ajouté.

Selon lui, il faut s'assurer que les travailleurs aient "les mêmes droits", le "même salaire" à qualification égale, les mêmes primes et surtout les mêmes cotisations sociales. "Nous, on a rien contre la libre circulation des salariés. Mais si c'est pour organiser le dumping social, ça ne sert à rien", a-t-il ajouté.

Dans le bon sens pour FO

Même discours du côté de FO. "C'est un accord (...) qui va dans le bon sens sur tout ce qui est rémunération", a dit Jean-Claude Mailly à la presse après sa rencontre avec la ministre du Travail. Mais le numéro un de FO réclame davantage de cohésion sociale au sein même de l'Union européenne. "On est favorable aussi à ce qu'il y ait un véritable dialogue social au niveau de la zone euro entre commission européenne, gouvernements, syndicats et patronat", a-t-il dit.

Les ministres sont convenus d'une période de transition de quatre ans pour l'entrée en vigueur du texte après son adoption définitive, attendue d'ici la fin de l'année. Délai relativement long demandé par les pays d'Europe de l'Est, principaux bénéficiaires des dispositions actuelles. En 2015, 2,05 millions de travailleurs détachés étaient recensés dans l'UE, en augmentation de 41,3% par rapport à 2010...

Vos réactions doivent respecter nos CGU.